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Écologie de l’esport : une transition écologique est-elle possible ?

Par Lenaic Leroy

Peut-on parler d’une écologie de l’esport ? En 2022, le sujet n’échappe à personne, la crise écologique et environnementale frappe à nos portes. Désormais, nous devons composer avec de violentes vagues de chaleur, des intempéries et des cataclysmes écologiques sans précédent. Face à ce danger imminent, des mesures doivent être prises pour assurer des lendemains (heureux ?) aux futures générations. 

Vous pouvez en faire l’expérience, en cherchant des informations sur le sujet, vous serez vite confrontés à l’absence de publication concernant l’esport. Un manque de publication, mais aussi de réflexion apparente. Le seul environnement que l’on envisage, c’est celui du secteur. Comprendre, son fonctionnement et son paysage, c’est l’approche que nous avons eu sur EIN durant ces quatre dernières années. Mais voilà, il est temps de réinventer notre approche et s’intéresser à un enjeu qui concerne l’ensemble des secteurs, y compris l’esport.

Les quelques articles qui parlent d’écologie et d’esport sont issus de médias extérieurs au secteur. La plupart pointent du doigt une pratique numérique demandeuse en ressources et donc énergivore. En quittant l’esport pour le streaming, récemment le Zevent avait été critiqué pour son coût environnemental, alors même que l’environnement était la cause défendue pour cette édition 2022.

Désormais, nous connaissons les enjeux de la crise climatique, mais quelles sont les réponses apportées par les acteurs de l’esport ?

L’esport, par son approche néolibérale de la pratique, cherche continuellement la croissance. Une croissance qui a de moins en moins de sens, à l’heure où l’énergie devient une ressource diplomatique majeure. Peut-elle encore servir à alimenter des consoles pour des tournois de jeu ? La fin de l’esport tel que nous le connaissons est peut-être plus proche que nous ne le pensons.

Afin de comprendre ce que l’écologie de l’esport représente, je vous propose une réflexion sur l’empreinte écologique du secteur. Romain Sombret, Vice-Président Impact & Innovation Sociale de France Esports a répondu à mes questions concernant l’étude qui a été menée durant la Gamers Assembly 2022. Un document qui nous apporte un premier bilan partiel et des axes de réflexions complémentaires qui devraient vous aider à mettre le doigt sur les enjeux spécifiques au secteur.

Comment développer des réponses et des alternatives dans le secteur face à l’enjeu du siècle ? Voilà de quoi alimenter notre réflexion au cours de cet article.

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L’impact écologique de l’esport

Pour comprendre le poids de l’esport sur l’environnement, il est nécessaire de clarifier l’ensemble des formes de consommation du secteur. De bien des manières, celui-ci a calqué son architecture sur celle du sport traditionnel et l’écologie de l’esport rappelle beaucoup celle du sport. 

Les événements physiques représentent un temps fort pour le secteur et un enjeu écologique. Certains réunissent des équipes venues d’un peu partout dans le pays. D’autres font venir des joueurs du monde entier, des milliers de spectateurs, qui se dirigent tous vers un seul et même lieu.

Ce type de rencontre suppose donc un déplacement massif d’individus utilisant des moyens de locomotion polluants. Pour la plupart des événements nationaux, les transports se font en voiture ou par les transports en commun comme le train et le bus. Pour les matchs internationaux, je pense ici aux Worlds de League of Legends, il s’agit de faire venir joueurs et supporters des quatre coins du globe avec une seule solution : l’avion.

On se rappelle lors de la finale des Worlds à Paris, l’afflux massif des fans chinois pour venir soutenir les joueurs de FPX. Pour une rencontre de ce type, le bilan carbone est colossal. Dans l’esport, le déplacement représente la plus grande problématique en termes d’émission de CO2, mais d’autres facteurs s’ajoutent à la liste. 

Les moyens nécessaires aux événements esport

Pour qu’un événement soit réussi, il doit s’assurer de la qualité de l’accueil des joueurs et des spectateurs. Le spectacle doit être au niveau pour que le public soit au rendez-vous. Cela représente une dépense matérielle et énergétique pour l’éclairage, la mise en scène, la captation, le commentaire, la diffusion…

Contrairement à un sport comme le football, regarder les joueurs en pleine action ne veut pas dire que l’on regarde le match. On trouve un intérêt certain à voir le joueur en plein exercice, mais ce qui nous intéresse le plus, c’est ce qu’il y a à voir sur les écrans. 

Une LAN ne se limite pas aux seuls matchs. L’espace d’exposition réunit des structures de différents horizons pour garder le public occupé sur la durée de l’événement. Des consoles sont mises à disposition pour s’affronter entre amateurs ou pour faire la promotion d’un nouveau jeu. Des entreprises font la promotion de leur activité à des publics néophytes. Loin d’être le principal intérêt d’une LAN, l’espace de salon représente une consommation continue d’énergie de l’ouverture à la fermeture de l’événement. 

Ma démonstration se veut non exhaustive, mais vous commencez sûrement à comprendre là où je vous mène. Allons un peu plus loin en nous écartant des questions d’énergies pour parler de pollution et de déchets.

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La part des déchets alimentaires est non négligeable. Emballages et restes alimentaires représentent un coût et l’organisateur est responsable du type d’offres présentes sur le site.

Les LAN sont l’occasion pour les éditeurs et autres promoteurs de faire la promotion de leurs produits ou services grâce à des goodies, des banderoles et autres affichages. Des produits à base de plastique avec un très faible indice de recyclabilité. Dans les plus courants, on retrouve les tap-tap ou applaudisseurs, des porte-clés, éventails et autres goodies qui finissent au fond d’un tiroir ou d’une poubelle une fois l’événement terminé.

À l’heure actuelle, la production d’objets recyclés et recyclables dans le secteur reste obsolète. La performance est l’une des valeurs cardinales de l’esport et elle laisse peu de place pour envisager autrement la consommation du divertissement.

Le numérique, au cœur de l’écologie de l’esport

Ce qui distingue l’esport du sport, c’est bien évidemment le numérique. L’écologie de l’esport voit son impact croître avec la consommation des consoles et ordinateurs gourmands en énergie.

Lorsque vous mettez les pieds dans une LAN pour la première fois, c’est l’occasion de voir plusieurs centaines, parfois des milliers de machines réunies dans une même pièce. Avant même de mettre les pieds dans une LAN, vous avez très probablement vu une photographie au grand-angle réunissant plusieurs centaines de joueurs dans un même espace. Cette représentation élimine cependant une part importante de l’atmosphère réelle de la LAN.

On peut ressentir toute l’effervescence dans la pièce grâce à la chaleur émanant des machines et des joueurs, créant une atmosphère parfois insoutenable. Derrière ce spectacle peu reluisant, une consommation électrique conséquente et en constante évolution. Les joueurs sont de plus en plus nombreux à cumuler le streaming de leur POV à leur pratique compétitive, alourdissant un peu plus le bilan énergétique individuel.

Je peux m’arrêter un instant sur le coût très lourd en matériaux des machines. Depuis plusieurs années, on entend parler de la spéculation autour des cartes graphiques ou des PS5. La rareté des matériaux permet l’augmentation artificielle des coûts à la revente de ces produits. L’extraction artisanale des matériaux et leur raffinement représentent un coût écologique majeur et doit être pris en compte lorsque l’on considère l’écologie de l’esport, sans parler de leur recyclage, bien souvent impossible et réduit au rejet dans une décharge à ciel ouvert.

L’impossibilité du recyclage de ces matériaux impose la disparition progressive des machines que nous utilisons dans le jeu vidéo et par extension l’esport. Les dernières générations de consoles sont probablement les dernières que nous connaissons avec ce type d’évolutions, à moins de voir émerger une approche low tech de l’esport.

L’infrastructure réseau

L’esport est une pratique de groupe. Pour connecter les joueurs et les équipes à une même partie, il est nécessaire de développer une infrastructure réseau. Celle-ci peut être locale, ou directement prise en charge par les serveurs du jeu. Dans les deux cas, les organisateurs d’événements doivent s’assurer d’avoir un flux réseau capable de supporter le nombre de connexions ainsi que la qualité du réseau.

Tous les lieux ne peuvent pas prétendre à ce type d’infrastructure, par le passé des problèmes ont été rencontrés lors de la Dreamhack Tours 2016 ou encore la Lyon e-Sport 2018. Depuis, la question est envisagée avec beaucoup de sérieux par les organisateurs tant la consommation est conséquente. 

L’apparition de nouveaux types de jeux comme les Battle Royals a fortement impacté le besoin en réunissant jusqu’à 100 joueurs par partie. Les LAN ont dû sérieusement revoir leur structure réseau pour être capable de répondre à la demande de milliers d’utilisateurs en simultanés. 

Le streaming dans l’écologie de l’esport

Un dernier aspect s’ajoute à cette longue liste : le streaming. Pour qu’un divertissement soit réussi, il faut qu’il soit vu ! Comme mentionné précédemment, il est nécessaire d’avoir tout un équipement de captation et de diffusion et celui-ci est des plus conséquents. Caméra, grue, rails, éclairages, régie, l’esport ne fait pas les choses à moitié lorsqu’il s’agit de production audiovisuelle.

L'identité visuelle très industrielle laisse peu de place à l'imagination d'une écologie de l'esport

Derrière une identité visuelle très industrielle, il est difficile de faire émerger une quelconque forme d’écologie de l’esport.

Aujourd’hui, si le numérique représente 4 % des émissions de CO2 dans le monde, 1 % proviendrait du streaming. On peut se féliciter de battre des records d’audience chaque année, mais il faut aussi comprendre la place désormais prépondérante du streaming dans l’empreinte écologique de l’esport.

Tout comme les matériaux, le coût de la bande passante et son entretien devient un enjeu majeur. Récemment, le président de Twitch Dan Clancy a communiqué sur la rémunération des streamers. La consommation de la bande passante par des streamers réunissant des milliers de spectateurs, mais aussi par des streamers n’ayant aucun viewer devient une problématique incontournable pour Twitch.

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De plus, la plateforme a décidé de limiter la qualité du flux diffusé en Corée du Sud, une autre technique pour limiter le poids de la bande passante. Bien que la décision d’Amazon soit avant tout économique, on ne peut passer à côté de la question environnementale liée à l’usage de la bande passante.

Avec cette dernière pierre angulaire, il est désormais possible d’entrevoir tous les éléments qui constituent l’impact sur l’écologie de l’esport. Il est aussi possible d’entrevoir d’où proviennent les différentes formes d’émissions de CO2 dans le secteur. Il est certain que la responsabilité est partagée à différents niveaux entre les joueurs, les spectateurs, les promoteurs ainsi que les éditeurs.

Une enquête sur l’écologie de l’esport

Durant l’édition 2022 de la Gamers Assembly, France Esports a mené une enquête pour la métropole Grand Poitiers. L’objectif était de comprendre l’impact environnemental de l’événement. 

Ces données sont précieuses, mais elles restent marginales dans le calcul des organisateurs, des éditeurs ou des associations de joueurs. Cette étude participe à la fondation d’une prise de conscience collective concernant l’écologie.

C’est un sujet stratégique et important pour France Esports. La thématique environnementale est dans la liste de nos priorités. – Romain Sombret

L’étude menée par France Esports reste limitée dans ses résultats. En cause, un temps très limité pour mettre en place l’étude, mais aussi des moyens qui ne permettent pas de tirer toutes les conclusions imaginables à l’échelle d’un événement comme la Gamers Assembly. 

La méthodologie qui a été choisie reposait principalement sur des questionnaires et des interviews des visiteurs de l’événement. Cette collecte de données éclaire principalement sur l’origine géographique des visiteurs et sur leur mode de transport pour venir à l’événement. 

L’impact écologique d’un événement comme la Gamers Assembly

Quelques estimations ont été rendues possibles sur la Gamers Assembly. 72 tonnes de CO2 seraient émises sur l’événement réunissant 15 000 personnes. En comparaison, l’empreinte carbone moyenne d’un français est aujourd’hui estimée à 9 tonnes de CO2 par an

Parmi ces 72 tonnes, 66 tonnes proviennent à elles seules du trajet des participants. Un chiffre colossal qui s’explique par l’usage encore trop important de la voiture individuelle. Un constat assez frappant, car aujourd’hui, la politique voulue par les organisateurs cherche à renforcer la présence du public aux événements. C’est le cas des organisateurs de la LFL qui cherchent à multiplier le nombre d’événements physiques avec du public.

Dans le cas de la Gamers Assembly, plus de la moitié des participants parcourent plus de 500 kilomètres pour rejoindre l’événement. Très peu utilisent le train, car le réseau ferroviaire ne leur permet pas de se déplacer efficacement et à un coût abordable. 

Le vrai sujet, ça va être de trouver des offres de transport qui soit une alternative sur les longues distances. – Romain Sombret

À une plus petite échelle, c’est aussi le développement d’un réseau de transport urbain adapté à l’activité d’un tel événement. Dans le cas de la Gamers Assembly, la métropole du Grand Poitiers n’a déployé aucun bus supplémentaire pour l’événement. Les participants qui logent souvent dans le centre-ville et dans les périphéries se retrouvent contraints à utiliser la voiture une fois hors de la Gamers Assembly. 

Une seconde étude devrait être menée en 2023. Une deuxième édition avec plus de recul pour inclure l’impact numérique de l’événement, la production de déchets ou encore l’alimentation, des sujets qui doivent être pris en compte et réfléchis pour assainir les événements esportifs français. 

Des pistes vers une meilleure écologie de l’esport

En ayant conscience de ce que représente l’impact sur l’écologie de l’esport, quels gestes peuvent être adoptés pour l’ensemble du secteur ? 

Les organisateurs sont à l’origine de ces événements, mais ils ont une assez petite marge de manœuvre pour réduire l’empreinte carbone. Les éditeurs sont indirectement concernés par les compétitions, mais leur responsabilité est engagée dans la gestion des serveurs de jeu. Enfin, les joueurs et visiteurs n’agissent pas collectivement, mais peuvent réduire drastiquement leur impact en choisissant des modes de transport moins polluants. 

Commençons par cette question des transports. La responsabilité dépasse les joueurs et les visiteurs, car elle relève principalement de structures de transports publics. Il est donc nécessaire de faire remonter ce besoin à des acteurs politiques pour faire entendre l’urgence en la matière. Certains sont partenaires de ces événements et doivent prendre une certaine responsabilité dans l’offre de transport des collectivités pour accompagner les organisateurs.

Une initiative avait été réalisée suite au déménagement de la Dreamhack Tours en périphérie de la ville, avec un réseau de transport adapté à l’événement durant toute sa durée.

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Nous pouvons néanmoins faire évoluer nos mœurs pour adopter quelques bons réflexes. Privilégier le train et le bus plutôt que la voiture ou l’avion sur des trajets à l’échelle nationale doit être une priorité.

Cela ne peut se faire qu’avec la réaction du gouvernement pour offrir une proposition plus concrète pour le transport. Aujourd’hui, il est encore trop rentable de prendre son véhicule personnel seul. Cela reste un gain de temps et parfois d’argent tant l’offre publique est désuète. 

Vers des LAN écologiques ? 

Du côté des organisateurs, il existe une multitude de gestes qui peuvent être adoptés. Aujourd’hui, il n’existe que très peu de sensibilisations et d’alternatives ambitieuses proposées dans les événements. Difficile de réduire la facture électrique de l’événement, mais des efforts peuvent être faits sur la production de déchets. 

Les LAN Party réunissent de très nombreux joueurs dans un même espace, eu égard aux enjeux écologiques de l'esport

Les LAN Party réunissent de très nombreux joueurs et spectateurs dans un même espace, eu égard aux enjeux écologiques actuels.

Aujourd’hui, l’espace de salon permet aux organisateurs de compléter leur budget. Cela ne veut pas dire que les exposants ne doivent pas réfléchir à une offre plus responsable. Les organisateurs peuvent être plus que des loueurs d’emplacements, ils ont un véritable rôle décisionnaire dans l’attribution de ces stands.

La Gamers Assembly est un modèle sur la question de l’alimentation en recevant des food trucks locaux qui produisent la part la plus importante de nourriture pour les visiteurs. Elle reste un cas à part, encore trop d’événements s’associent à des fast foods extérieurs par des offres promotionnelles afin de gonfler leur budget. 

Dernièrement, des initiatives originales comme celle menée lors du Zevent montre qu’un manger mieux est conciliable avec les nouvelles pratiques de jeu et de streaming.

L’argent est le nerf de la guerre, mais il devient urgent d’investir dans des valeurs différentes pour permettre aux événements esportif d’organiser une mutation durable de leur modèle. 

Des jeux vidéo écolos ? 

Il reste la question des éditeurs. Pour eux, réduire le coût en énergie a un impact bien plus direct. En réduisant la charge des serveurs et leur consommation, ils font des économies sur l’entretien de leur infrastructure. 

Depuis quelques années, le jeu vidéo s’écarte de la course aux graphismes gourmands pour s’orienter vers une direction artistique plus léchée. Heureusement, cette tendance minimise le renouvellement constant du matériel. 

Les éditeurs doivent désormais trouver un équilibre entre le renouvellement de leur catalogue et la réduction de l’impact qu’ils ont sur l’environnement. Cela peut se traduire par la réduction du nombre de mise à jour. Nous sommes heureux de pouvoir profiter d’un patch rapide lorsqu’un problème survient en jeu, mais cela représente à l’échelle mondiale des quantités de données colossales qui ne sont pas toujours nécessaires. 

Réduire le nombre de mise à jour et arrêter de produire des jeux en masse, voilà un angle d’attaque qui a déjà été pris en compte par certains éditeurs. Je pense ici à Trackmania qui a sorti en 2020 une version du jeu prévue pour durer dans le temps. Un modèle qui doit s’appliquer à des licences comme FIFA, qui produit chaque année un nouvel opus, une obsolescence inimaginable dans notre contexte.

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L’écologie de l’esport à bras-le-corps

Pour améliorer la situation, il est urgent d’organiser une discussion sur ces problématiques écologiques entre les différents acteurs du secteur. France Esports élabore cette démarche en interne, mais l’association ne fédère pas l’ensemble du secteur. Cela passe à la fois par une action de bon gré, mais aussi par des obligations qui peuvent émaner de l’État.

La multiplication des approches et des initiatives est aujourd’hui plus que nécessaire. Depuis dix ans maintenant, un seul discours domine dans l’esport en France et à l’étranger : celui de la croissance. 

Il a permis l’émergence d’une pratique professionnelle de l’esport pour des joueurs et tout un écosystème qui existe uniquement pour faire la promotion de produits qui n’entrent pas dans nos besoins essentiels. L’arrivée de l’industrie du luxe dans l’esport a renforcé cette dynamique qui ne connaît aucune préoccupation. 

Show must go on ! Mais est-ce encore possible ?

Des compétitions toujours plus imposantes, un bilan toujours plus lourd et des acteurs qui sont de plus en plus déconnectés des enjeux écologiques. Très peu d’alternatives se développent en concurrence à ce modèle capitaliste. La plupart des nouveaux arrivants calquent leur approche sur le leader en espérant obtenir le même succès.

Est-il si déraisonnable d’aspirer à une proposition plus respectueuse de l’environnement, plus valorisante pour les participants et les professionnels ?

Plus personne ne produit de compétitions comme il y a dix ans. La professionnalisation de l’esport est passée par là. Qu’attendons-nous pour faire passer le secteur au niveau suivant en réalisant un projet éminemment écologique ?

Bien sûr, l’exercice est difficile, mais à l’avenir, ceux qui parviendront à surmonter cet obstacle fonderont l’esport de demain. Probablement la seule forme de notre secteur capable de survivre à la crise écologique qui chamboule déjà nos quotidiens. 

 

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