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Némaïdès : Utopie Esport amène l’écologie là où le sujet manquait

Par Lenaic Leroy
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Lancé en mai 2022, Utopie Esport est un club qui se distingue par une identité singulière. Comme beaucoup de structures récentes, celle-ci est portée par un streamer, Némaïdès, mais aussi par un projet, celui de mettre en avant la question écologique dans l’esport.

En novembre dernier, je vous présentais un premier article sur la question de l’écologie dans l’esport et depuis, la question n’a cessé de revenir dans mes réflexions. Plusieurs acteurs s’emparent progressivement de la problématique et chaque approche a ses mérites.

Pour apporter d’autres éclairages à celui proposé dans ce premier article introductif, je vous invite aujourd’hui à découvrir l’une de ces initiatives dans un entretien avec le fondateur d’Utopie Esport, Némaïdès.

Streamer depuis plusieurs années et présent comme joueur professionnel sur Hearthstone puis Teamfight Tactics, Némaïdès est une figure désormais installée du streaming français. Comme beaucoup, il a évolué de l’esport au streaming tout en gardant des liens entre les deux pratiques. Son regard sur le secteur et l’action qu’il entreprend avec Utopie Esport nous apporte des indices sur l’évolution des sensibilités dans le milieu.

Durant une heure, nous avons interrogé la place d’un projet comme Utopie, mais aussi la mutation à entreprendre pour faire des clubs français une référence en matière écologique. Un entretien qui ne vous décevra pas, en vous souhaitant une bonne lecture.

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Salut Némaïdès, est-ce que tu veux bien me raconter ton parcours sous ce pseudonyme ?

J’ai commencé à stream sur mon temps libre en 2018, je jouais à Hearthstone et j’avais l’impression que c’était quelque chose que je voulais faire à plein temps. Quand j’ai réalisé que ça prenait un peu, j’ai décidé de passer à mi-temps sur mon emploi de l’époque pour garder une sécurité financière.

Avec le temps, j’ai compris que c’était impossible de s’en sortir sans être à plein temps, car le secteur est trop concurrentiel. En novembre 2019, j’ai démissionné de mon emploi avec l’assurance de toucher le chômage pendant deux ans, une période durant laquelle je devais tout faire pour réussir à gagner ma vie avec le streaming.

Depuis, mes revenus sont réguliers et je peux vivre à temps plein du streaming. J’ai toujours été assez compétitif sur les jeux comme Hearthstone ou Teamfight Tactics, mais progressivement, j’ai senti que je m’intéressais plus à l’animation plutôt qu’à la performance. J’ai commencé à organiser des événements, les Némacup sur Teamfight Tactics, la dernière édition avait 2000 € de cashprize soit l’un des plus importants événements sur le jeu en France.

Le dernier projet en date, Utopie Esport, le graal du kiff me concernant. Créer une équipe esport, j’ai toujours vu ça comme l’objectif ultime, le symbole de la réussite. Être capable de réunir des supporters, même à une petite échelle pour soutenir un club, c’est incroyable.

Tu peux revenir sur la création d’Utopie Esport ? C’était dans la continuité de ta carrière de joueur professionnel ?

En lançant Utopie Esport, je me suis vu comme un fan de foot qui rentre dans un club local pour s’investir et tenter la montée de division. C’est un rêve de gosse d’imaginer pouvoir monter son équipe, être manager et accompagner des joueurs sur les LAN.

J’avais eu l’idée un peu vaguement au départ, mais elle restait, m’occupait l’esprit tous les jours et j’essayais de rationaliser, car je reste un streamer avec des audiences modérées. Je ne peux pas investir et imaginer le club comme les créateurs d’Aegis. Pourtant, c’était impossible pour moi de ne pas faire Utopie Esport, alors j’ai franchi le pas. 

C’est fou comme le secteur a évolué sur la question, car il y a quelques années, on voyait des clubs de 2 ou 3 personnes sortir de nulle part sans aucun moyen et toi avec une communauté qui te permet de vivre au quotidien, tu doutais encore de la viabilité du projet ?

À mon sens, tu es obligé d’avoir une communauté à la base. En reprenant l’exemple d’Aegis, je pense que le club va être extrêmement rentable parce qu’ils ont trois personnalités, Shaunz, DFG, MisterMV qui donne au club une énorme base de supporters. Rien que pour le lancement du club, ils ont dû vendre un nombre exceptionnel de maillots.

Le fait qu’Aegis ait une énorme communauté de supporters à sa base permet au club d’avoir de l’ambition. De plus en plus de clubs misent sur ce modèle et je me suis dit que je pouvais faire ça à mon échelle, en sachant que dès le premier jour j’aurais peut-être 30 maillots de commandés qui vont me permettre de récupérer sur mon investissement de base et commencer à faire des choses dans le club.

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Présent lors du Kings of Fields sur Teamfight Tactics, le bilan pour Utopie Esport était positif avec une 4ème place pour Arewilia et une 10ème place pour Qetzer. Crédit : Yvan Ochizuto

Je sais que dans ma communauté il y a des viewers fidèles qui vont soutenir le projet non pas parce que c’est Utopie, mais parce qu’ils soutiennent mon projet et qu’ils le font déjà depuis longtemps.

Quand est-ce que tu intègres dans l’idée de ce club ce lien avec l’écologie ?

Il est rentré très tôt dans l’équation. C’est presque grâce au nom. Depuis toujours, je me considère comme écolo et le sujet me touche au quotidien. J’avais déjà abordé le sujet en stream. C’est un lieu où on est là pour se détendre et s’amuser, mais quand le sujet est évoqué, j’ai mon propre avis sur la question et je n’hésite pas à l’évoquer durant mon stream.

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Quand j’ai eu l’idée du club, je me suis très vite dit que je n’avais pas les épaules, mais je savais que j’allais avoir trop de regrets si je ne me décidais pas à le faire. Le nom d’Utopie Esport est venu très vite. C’est un concept que j’adore, ça fait 15 ans que mon ordinateur s’appelle utopie. Je suis attaché à cette idée d’un monde meilleur et le lien a été très naturel pour moi.

Je veux que les gens puissent se rattacher à un club où ils peuvent œuvrer pour la bonne cause. Faire en sorte que la démarche soit écolo, parce que moi-même au quotidien, j’y suis vigilant. C’est dans cette optique qu’on a développé des maillots en matériaux recyclés, en priorisant une production raisonnable à partir d’une précommande d’un maillot et non pas des achats massifs.

On arbore sur nos manches le drapeau LGBT parce que je veux vraiment faire en sorte que ma communauté soit inclusive et à l’écoute de tous. Je sais que de nombreux membres de ma communauté sur Twitch se retrouvent sur mon stream parce qu’ils ne trouvent pas ce confort et cette sensibilité sur le reste de la plateforme.

Ces deux valeurs étaient au cœur du projet pour moi. Elles représentent ce que je suis au quotidien et ce que je donne pour bâtir au sein de ma communauté depuis plus de trois ans maintenant.

Les valeurs dans l’esport, ce n’est pas vraiment le point fort du secteur. Avec une thématique comme l’écologie, tu arrives à insuffler beaucoup de choses qui transcendent les générations et qui dépassent le seul aspect business du milieu.

C’est l’époque qui veut ça. Les sujets de sociétés ont tendance à se tendre vers les extrêmes et beaucoup de personnes s’investissent pour et contre ces causes. On aborde plus généralement ces sujets et par écho dans l’esport aussi.

Je n’ai pas vu le lancement d’Utopie Esport comme un projet business. J’ai travaillé seul sur sa création, je n’ai jamais fixé d’objectif de rentabilité et je ne compte pas gagner de l’argent avec, c’est déjà très bien que les comptes soient à l’équilibre.

Le but était de me faire plaisir à la base, de faire plaisir aux personnes qui me suivent au quotidien et depuis des années. Leur offrir quelque chose qui les stimulent et les fédèrent. Forcément, sans l’enjeu économique, c’est plus facile de s’intéresser à ces thématiques. Je ne dis pas non plus que ceux qui développent un club ne doivent pas s’intéresser à ces questions, il y a toujours moyen d’allier les deux.

Utopie Esport, une équipe 100 % éco-responsable. C’est l’accroche du club, comment est-ce que cela se concrétise dans les faits ?

Pour moi, il y avait deux gestes très importants et c’est la question principale autour du projet. Tout d’abord le fait que l’ensemble des produits dérivés soit produit en France à partir de matières recyclées. Aujourd’hui certains articles ne peuvent pas être directement faits en France, mais j’étudie les possibilités pour que cela change. Le maillot qui est l’article phare est produit entièrement en France à partir de déchets marins recyclés.

Le deuxième aspect qui me semblait important, c’était concernant les déplacements des joueurs. On doit réussir à faire le moins d’empreinte carbone possible sur le déplacement des joueurs en tournoi. Pour nous, cela veut dire que les joueurs vont faire des déplacements en train plutôt qu’en avion. On essaye d’utiliser les transports en commun plutôt que les voitures. Cela part de petits gestes et il n’y a rien de révolutionnaire.

Je reste ouvert à toutes les possibilités dans la mesure de nos moyens. Aujourd’hui, Utopie Esport c’est deux joueurs sur Teamfight Tactics. Dans le cas où le club viendrait à grandir, il y aurait d’autres choses à faire. L’idée était aussi d’amener le sujet là où il manquait. Pouvoir sensibiliser les gens, parler d’écologie.

Dans les faits, cela passe aussi par une attention particulière de ma part sur l’envoi des produits. J’ai acheté des emballages entièrement recyclables et produits à partir de matières recyclées pour limiter l’impact de l’envoi.

J’ai tendance à penser que nous devons faire tous les gestes du quotidien sans tomber dans la culpabilisation des individus sur l’empreinte carbone. On ne doit pas perdre de vue que la majeure partie de la pollution vient de grosses entreprises.

J’essaye de faire mon maximum au quotidien et d’autant plus dans le cadre d’Utopie Esport, en essayant d’amener le sujet, d’en parler autour de moi, sans forcément proposer de formules révolutionnaires parce que cela peut commencer simplement par une production responsable de produits dérivés.

L’action du club participe à défendre le message qui est produit, tu ne peux pas défendre l’écologie sans essayer de proposer une alternative au modèle actuel.

Il ne faut pas être hypocrite dans la démarche. Pour obtenir du changement, il faut commencer par l’accepter. On obtient des résultats sur le long terme en ne cherchant pas à créer de la culpabilité chez les gens. Lorsque l’on voit des gestes au quotidien, je ne pense pas que ce soit productif de mettre la lumière sur un trajet en avion pour partir en vacances. Quoi qu’il arrive, on sera toujours moins polluant en une année que des milliardaires en une journée.

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C’est bien d’en parler, si on montre l’exemple, c’est mieux, mais il ne faut pas attendre de tout le monde la perfection. On ne peut pas tous être irréprochables, car nous n’avons pas le même temps, les mêmes moyens pour consommer mieux. Le plus important pour moi, c’est la sensibilisation. Etre exemplaire, c’est du bonus. 

On doit être responsable et reconnaître lorsque l’on est dans le tort sur le sujet pour ne pas reproduire nos erreurs à l’avenir.

Le jeu vidéo et par extension le streaming sont des pratiques polluantes, cela ne veut pas dire que dans nos usages, on ne peut pas changer les choses pour proposer une autre façon de consommer qui soit plus responsable.

Arrêter Internet et le jeu vidéo, ce n’est pas possible. C’est la passion de notre vie, pour certains notre métier, on sait que c’est plus polluant que d’autres pratiques. Le débat était remonté durant le Zevent sur la contradiction d’un événement de streaming pour défendre l’écologie. Encore une fois, on reste loin de la pollution émise par des entreprises comme Meta ou Total qui ne lèvent pas le petit doigt pour l’environnement.

C’est bien de s’interroger sur la question et de penser que si la pratique est inévitablement polluante, on peut en faire un outil pour défendre l’écologie.

Cela s’applique aussi aux produits dérivés du jeu vidéo, car même si c’est un loisir polluant, on n’est pas obligé d’ajouter à ça des produits qui le sont également. Ce n’est pas pour compenser, mais autant ne pas en rajouter. L’énergie pour les machines, on n’a pas de solutions alternatives et on accepte le constat. En revanche, sur le reste, on doit pouvoir éviter les abus.

Aujourd’hui, Utopie Esport a deux représentants, Arewilia et Qetzer, comment est-ce que tu as effectué ces premiers recrutements ?

Arewilia est pour moi un choix automatique, car le projet n’existait pas sans elle. Nous sommes très proches et c’est une amie avec qui je partage de nombreuses opinions. Je n’aurais pas lancé le projet sans l’avoir à mes côtés et si j’avais su le temps et l’énergie que cela demandait de créer Utopie Esport, je ne l’aurais probablement pas fait.

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Lors de l’annonce de la création d’Utopie Esport, les deux représentants, Arewilia et Qetzer étaient déjà de la partie. Crédit : Utopie Esport

Je savais qu’elle était très forte au jeu et qu’elle partageait les valeurs du club. Savoir que j’avais quelqu’un de proche avec moi était très réconfortant dans tout le processus de création d’Utopie.

Pour Qetzer, il n’y avait pas énormément de joueurs disponibles sur Teamfight Tactics. Dans les meilleurs joueurs disponibles, il n’y avait que Xperion et Qetzer qui étaient en accord avec ces valeurs.

Le projet n’a pas volonté à gagner de l’argent et je ne voulais pas recruter quelqu’un qui n’avait aucun intérêt pour le club, même s’il est le meilleur dans ce qu’il fait. C’est un projet pour moi et ma communauté et il n’existe vraiment que grâce aux viewers. S’ils croient au club, je veux leur proposer des joueurs qui soient dans la lignée du projet.

Qetzer partage ces valeurs de tolérance et d’écologie. Pour l’anecdote, lorsque je l’avais rencontré pour la première fois en tournoi, il m’avait fait rire car il avait encore un vieux téléphone à clapet qu’il conserve depuis des années.

J’avais considéré le recrutement d’un troisième joueur et lors d’entretiens, ma première question portait toujours sur la sensibilité de la personne au projet. Dans les actes, la personne ne peut pas aller à l’encontre de ces valeurs et porter nos couleurs. Cela ne s’est finalement pas fait, mais je suis très content d’être entouré d’Arewilia et Qetzer qui sont deux personnes qui croient aussi fort que moi en ce que l’on défend.

Le club a un sponsor, Holy Energy, comment est-ce que tu es parvenu à les convaincre de soutenir Utopie Esport ?

Le club existe aujourd’hui grâce à eux. J’étais prêt à investir de ma poche pour avoir des visuels, la boutique, la communication, au risque que cela ne prenne pas, mais je ne pouvais pas promettre à Arewilia et Qetzer un salaire mensuel sans l’aide d’un sponsor.

C’est eux qui prennent en charge les salaires des joueurs et grâce à la boutique, on arrive à équilibrer la comptabilité du club. J’avais déjà accepté un partenariat avec la marque pour mon activité de streaming en m’assurant qu’ils partageaient les mêmes valeurs que moi.

Depuis le début de notre collaboration, ils ont continué à faire évoluer leurs produits pour réduire leur impact écologique. Les personnes avec qui j’échange partagent beaucoup de choses avec moi sur leur vision du sujet. Lorsque je leur ai demandé s’ils étaient prêts à financer Utopie Esport, j’avais des doutes, mais ils ont bien voulu y croire et financer notre projet. Ce n’est pas quelque chose qui leur permet de faire du profit, c’est certains, mais c’est aussi important pour eux de s’investir dans des projets qui promeuvent autre chose que l’approche mercantile.

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L’avantage d’un club, c’est que chaque performance des joueurs permet de valoriser le message dans son ensemble. Tu as des ambitions pour donner une place particulière à Utopie Esport dans le paysage esportif ?

La performance est très secondaire. Aujourd’hui, Arewilia s’est retirée de la compétition et joue plus un rôle d’ambassadrice. Teamfight Tactics est un jeu de variance, le meilleur joueur du monde peut échouer à tout moment.

J’ai toujours présenté la performance comme un bonus, d’ailleurs, j’avais proposé une prime à la qualification à Arewilia et Qetzer s’ils se qualifiaient au championnat du monde. Ils étaient d’accord avec moi pour dire que récompenser la performance voulait aussi dire sanctionner son absence.

La performance est un excellent atout pour apporter de la visibilité, mais ce n’est pas le plus important dans ce que l’on essaye de transmettre.

Au-delà de la performance, quelles sont les ambitions que tu portes pour Utopie Esport ?

J’aimerais bien pouvoir étendre notre action sur d’autres jeux. J’aimerais garder notre échelle et conserver ce format de petite équipe d’outsiders. Je n’ai pas l’ambition d’avoir dans nos rangs un top player, mais plutôt un excellent joueur de deuxième division. On avait commencé à envisager la possibilité avec mon sponsor pour un joueur sur Trackmania, mais pour avoir un joueur de première division, avec nos moyens, on ne pouvait envisager que des joueurs de milieu, bas de tableau. Je préfère m’intéresser à un joueur de deuxième division qui joue sa montée et qui a ses chances, plutôt qu’un joueur qui n’a rien à gagner ou à perdre.

J’aime beaucoup caster mes joueurs et aujourd’hui je n’ai pas forcément beaucoup d’autres jeux que Teamfight Tactics. Je ne pense pas pouvoir recruter une équipe sur un jeu multijoueur alors pourquoi pas aller vers Trackmania qui est un jeu qui me fait kiffer.

Cependant, les dernières annonces de Nadeo ferment la porte à cette possibilité, alors je m’interroge sur un troisième joueur Teamfight Tactics ou sur d’autres titres. Ce qui est sûr, c’est que j’aimerais voir l’équipe se développer un petit peu. Je dois surtout travailler au développement du financement du club pour permettre d’étendre notre activité. J’ai la chance d’avoir un sponsor ouvert à la discussion, on en parle de temps en temps, mais j’attends surtout que l’occasion se présente et qu’elle soit pertinente.

L’expérience que tu accumules avec Utopie Esport, tu penses qu’elle est mobilisable pour permettre à d’autres clubs de préparer une transition écologique dans leurs pratiques ?

Je ne m’étais jamais fait la réflexion et je ne sais pas si je peux en avoir la prétention. J’aurais la volonté de le faire, mais je pense que d’autres auraient plus de connaissances sur le sujet pour le faire. Si l’occasion se présente, si d’autres façon d’amener l’écologie dans l’esport intéresse d’autres gens, bien sûr que je répondrais présent. Il faut être cohérent et vouloir que la situation s’améliore sans agir pour, c’est hypocrite.

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Par leur présence en événement, les membres d’Utopie Esport rappellent autour d’eux l’importance de considérer l’écologie dans la pratique de l’esport. Crédit : Yvan Ochizuto

Aujourd’hui, je ne me suis pas forcément posé la question, car le travail monstrueux que cela représentait de créer Utopie Esport a drainé toute mon énergie. Maintenant que le projet a sa propre existence, cela me donne envie de poursuivre ce qui a été commencé et rendre disponible à d’autres ce qui a déjà été fait.

Même si certains gros clubs n’en font pas assez, on commence à voir une dynamique émerger. En regardant un peu plus en profondeur, je pense que désormais, lorsqu’un club renouvelle son maillot, ils envisagent la possibilité de produire un produit qui soit plus éco-responsable. Ils le font juste trop lentement en comparaison avec leurs moyens.

Merci Némaïdès, je vous souhaite le meilleur pour Utopie Esport.

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L’expérience proposée par Utopie Esport est un premier pas essentiel. Il s’agit d’établir un premier bilan de l’impact réel d’un club de par son fonctionnement. Aussi secondaire que la question puisse paraître, celle-ci est nécessaire car elle permet de proposer une pratique plus vertueuse, car plus responsable. 

La question se pose néanmoins pour des clubs d’une autre envergure. Comment concilier une pratique éco-responsable avec une scène comme Counter Strike : Global Offensive où les déplacements sont très nombreux et requièrent bien souvent des trajets en avion ? 

Dès lors, il ne s’agit pas seulement de voir les clubs agir, mais bien les organisateurs qui peuvent proposer un autre type de format qui limite les déplacements. Comme nous l’avions vu lors du précédent article sur l’écologie, les déplacements restent la principale source d’émissions. Dès lors, est-il nécessaire d’envisager des LAN et des rencontres physiques pour toutes les occasions ou est-ce qu’un autre modèle est possible ? 

J’aimerais pouvoir approfondir avec vous cette réflexion en abordant le sujet avec d’autres acteurs, qui envisagent la question ou qui au contraire, n’ont pas encore entamé cette démarche. 

Quoi qu’il arrive, vous retrouverez probablement dans les mois à venir de nouveaux articles qui s’emparent de la question de l’écologie et de l’esport sur EIN, car il est certain que cette thématique va transformer la pratique de l’esport en profondeur.

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