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Paul Arrivé : « Je veux montrer au grand public que l’esport existe ! »

Par Alexandre Hellin
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Pensez-vous que l’esport mérite un meilleur traitement de la part des médias traditionnels ?

Sans trop me tromper, je parie que oui.

Personnellement, j’ai souvent l’impression que notre discipline est approchée comme un phénomène de foire.

De jeunes adolescents réussissent à bluffer le monde entier en prétextant que le jeu vidéo compétitif est un « métier ». Pire encore, un sport. C’est fou, n’est-ce pas ?

Pour une génération de journalistes, née bien avant l’arrivée du minitel, c’est exubérant et à la limite de la décadence.

Le changement fait peur à l’Homme. C’est une réaction psychologique normale.

Nous la vivrons sans doute, à notre tour, avec l’émergence d’un phénomène similaire poursuivant les prochaines générations. Ferons-nous les mêmes erreurs ? Ça ne fait aucun doute, et c’est pour ça que la phrase « c’était mieux avant » est si populaire.

L’acceptation de l’esport par le grand public prendra du temps. Beaucoup de temps.

La grande question est de savoir comment allons-nous faire passer une activité diabolisée durant plusieurs décennies à un phénomène (réellement) mainstream et accessible de tous.

Les barrières sont nombreuses.

Nous pourrons peut-être crier victoire le jour où nos parents arrêteront de s’alarmer lorsqu’un enfant rêve de faire du jeu vidéo et de l’esport sa voie professionnelle.

Nous créons des vocations. Bien plus que certains sports ancrés dans l’histoire depuis longtemps.

Alors, pourquoi n’arrivons-nous pas totalement à dépasser ce cadre « d’activité de geek » ?

J’y vois plusieurs raisons.

  • La difficulté des non-joueurs à comprendre l’information à l’écran.
  • Le support utilisé pour pratiquer l’esport (ordinateur et smartphone, principalement)
  • L’opacité de l’infrastructure mise en place concernant les équipes professionnelles (amusez-vous à raconter à vos amis que des joueurs de jeux vidéo gagnent plusieurs dizaines de milliers d’euros par mois et vous verrez leur visage changer en un coup d’œil)
  • Une fracture culturelle et générationnelle marquée par l’arrivée d’internet
  • Une méconnaissance des bienfaits du jeu vidéo
  • Le manque d’événements et de points de rencontres physiques locaux

L’inconnu fait peur, tout comme le changement (rappelez-vous).

Il est impensable d’entrer (vraiment) dans la culture populaire sans répondre à ces problématiques. Et dans cet exercice, les médias traditionnels et grands publics prennent une place centrale.

Pourtant, malgré quelques bons élèves, on se rend compte que le débat avance difficilement. Nous restons incompris.

Pour en savoir plus, j’ai décidé de m’approcher de Paul Arrivé, journaliste esport, depuis plus de 2 ans, pour le média sportif de référence : L’Équipe.

L’histoire commence doucement. Par sa volonté, qu’il nous dévoile dans l’interview, Paul Arrivé tente d’introduire doucement le sport électronique dans la presse traditionnelle. Guidé par sa passion, il rédige de nombreuses piges pour raconter l’histoire de nos champions et ouvrir de nouvelles perspectives à notre milieu.

Le pari est osé, mais il fonctionne. Début mars 2019, il obtient un CDI.

L’information paraît anecdotique, mais à mes yeux, c’est une victoire pour son combat, mais plus grandement, pour l’esport.

Nous construisons notre reconnaissance brique par brique, et à n’en pas douter, les efforts de Paul Arrivé et la confiance de L’Équipe en est une.

Mon interview a 3 objectifs clairs.

Retracer son parcours et écouter son histoire, afin d’inspirer celles et ceux qui pourraient le rejoindre dans sa quête.

Évoquer le métier de journaliste esport, tout particulièrement dans un média puissant comme L’Équipe, avec ses défis et ses avantages.

Débattre sur l’évolution de l’esport à travers la voix des médias traditionnels et généralistes, et vous le découvrirez, Paul Arrivé possède un avis bien tranché sur la situation. 

Si vous ne le connaissiez pas avant de cliquer sur cette interview, je vous invite à découvrir son entretien avec Jakob Lund Kristensen, co-fondateur de RFRSH, que j’ai tout particulièrement apprécié, ou encore cette vidéo en compagnie de Kasper Hvidt, légende du handball danois et directeur sportif de la même structure.

Bonne lecture à tous !

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Bonjour Paul ! Tout d’abord, félicitations pour l’obtention de ton CDI en tant que journaliste esport à L’Équipe. Si je ne me trompe pas, ça fait de toi le premier à être pleinement intégré dans un média traditionnel pour parler sport électronique ?

Bonjour ! Oui, je pense que c’est le cas, mais ça demande vérification. Je suis sûrement le premier à être 100% sur l’esport dans un média traditionnel, mais il y a d’autres journalistes, dans d’autres rédactions, qui traitent l’esport. Seulement, ce n’est pas le seul secteur sur lequel ils travaillent.

Je pense notamment à Le Figaro, où il y a plusieurs personnes qui connaissent bien l’esport. Ensuite, tu as des médias plus endémiques avec des journalistes en CDI, comme chez Webedia avec Millenium, ES1 et même, dans une moindre mesure, beIN SPORTS. Cela dit, je ne sais pas si on peut les considérer comme médias traditionnels, donc je pense que c’est le cas, je suis le premier et le seul aujourd’hui à être pleinement dans l’esport dans un média traditionnel.

J’imagine que cette transition t’apporte plus de sérénité ?

Oui, c’est clair, et un meilleur salaire, on ne va pas se le cacher. Pigiste, c’est vraiment la galère, surtout quand tu es à 100% sur l’esport. Ça fait presque 3 ans que je suis à fond dessus en ne faisant quasiment rien d’autre. J’avais une petite rentrée d’argent sur une partie football, mais dans tous les cas, ça reste dans le domaine du sport.

Donc je devais regarder absolument tout ce qu’il se passait, et sur tous les jeux, afin de ne rien rater. Comparé à ce que je gagnais, c’était beaucoup d’investissements. Ça n’a plus rien à voir maintenant. Et puis, j’ai le droit à des vacances aussi. Quand tu es pigiste, tu ne peux pas prendre de temps pour toi, ou très difficilement, car tu ne veux rien rater.

Côté travail, ça change pas mal de choses chez L’Équipe, car ça me permet d’avoir des contacts plus directs avec mes confrères, que ce soit la rédaction en chef, la direction ou des services annexes comme le social media, ou la vidéo.

Maintenant, j’ai juste à aller les voir, alors qu’avant, je devais envoyer un mail, et je n’avais pas forcément toujours de réponses. La discussion est plus facile. Il y a même des journalistes de L’Équipe qui viennent à ma rencontre pour comprendre comment nous pouvons travailler ensemble sur l’esport.

Aujourd’hui, je me sens intégré, car ils peuvent enfin mettre un visage sur un nom et une pratique. C’est pris très au sérieux par L’Équipe. Ils ont créé un poste de travail pour ça, donc ça change pas mal de choses. Plusieurs réunions ont été organisées pour avancer sur notre couverture de l’esport, et c’est très bien.

Très intéressant ! Au-delà de tes compétences, qui ne sont plus à prouver après toutes ces années, qu’est-ce qui pousse L’Équipe à te faire passer en CDI chez eux ? Ce n’est pas rien, surtout pour traiter exclusivement de l’esport. On sait qu’être pigiste dans le journalisme, dans sa globalité, c’est une situation délicate, et toi tu l’as fait en étant spécialisé dans l’esport, ce qui était loin d’être facile.

L’esport prend de l’importance au fil des mois, et ils le voient. Je n’ai pas les chiffres en tête, mais ils sont loin d’être mauvais. C’est même prometteur et encourageant, donc L’Équipe veut naturellement faire encore plus. Il y a aussi le fait que ça fasse 2 ans et demi que je suis pigiste pour eux, c’est peut-être une récompense.

Pour avancer davantage, il faut que je sois pleinement chez L’Équipe, c’était sûrement le bon moment de passer au niveau supérieur. J’ai eu d’autres propositions durant tout ce temps, mais j’ai toujours voulu rester au sein de L’Équipe, car cette rubrique, c’est un peu mon bébé. Puis, c’est aussi un rêve de gosse. J’ai toujours rêvé de travailler dans le sport, et en termes de média, L’Équipe en est la référence.

Quand tu veux devenir journaliste, c’est une satisfaction personnelle. Je ne voulais pas laisser tomber ça. Je savais que L’Équipe allait finir par s’emparer de l’esport de manière concrète dans le futur. Là, nous n’en sommes qu’au début, mais ça va grandement s’améliorer. Je ne vois pas l’esport disparaître de L’Équipe comme ça. La seule raison pour que ça arrive, c’est que l’esport disparaisse tout court, et je n’y crois pas une seule seconde.

C’est vrai que L’Équipe est le média traditionnel qui possède le plus d’ancrage avec l’esport, notamment via tes articles. Ils ont un fort attrait sur les réseaux sociaux, notamment grâce à tous les acteurs et la communauté qui partagent leurs commentaires autour de ce que tu fais.

Le niveau d’engagement sur les réseaux sociaux autour des articles esport, c’est quelque chose qui intéresse fortement le pôle social media. Les partages sur Twitter sont excellents et atteignent un grand nombre de personnes. Donc effectivement, ils veulent travailler en ce sens.

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Depuis tout jeune, tu souhaites travailler dans le sport, mais depuis quand as-tu cet attrait pour l’esport ?

Ça fait longtemps que je veux devenir journaliste et travailler dans le sport, notamment le football et le tennis. J’aime la compétition et j’ai toujours joué aux jeux vidéo, depuis l’enfance. J’ai commencé sur de vieux ordinateurs avec Windows 95, si je m’en souviens bien. Donc ça remonte [rires].

Pour la petite histoire, je n’ai jamais eu de télévision, et donc, de consoles. J’ai toujours joué sur PC, sauf quand j’allais chez des amis qui possédaient la Playstation, la Nintendo 64 ou une Xbox.

Plus tard, j’ai continué mes études en intégrant une licence d’informations et communications à Bordeaux. Je savais déjà bien avant le Bac que je voulais devenir journaliste. J’ai enchaîné par un Master de journalisme à Grenoble.

Lors de ma première année, tous mes stages sont orientés sur le sport. Je passe par Sud-Ouest (un quotidien régional, ndlr), So Foot, L’Équipe 21 (chaîne TV de L’Équipe, ndlr). En parallèle, je continue de jouer aux jeux vidéo.

Dans ma bio Twitter, j’indique que j’ai percé sur un jeu qui n’a jamais percé. Je parle d’Empire of Sports, une sorte de MMORPG développé par l’éditeur parisien F4, qui ne décollera jamais vraiment. Le jeu possédait tout de même une petite communauté, et, à l’époque, je passe des milliers d’heures dessus. Je pourrais en parler pendant des heures. On pouvait faire du football, du tennis, du ski, du basket…

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Visuel d’Empire of Sports, un jeu où Paul Arrivé passait de nombreuses heures. Crédits : F4

Tu pouvais monter de niveau en niveau dans tous ces sports. On y retrouvait des clubs et la même animosité lors des rencontres comme tu peux le voir dans le vrai sport. La communauté rassemblait sûrement quelques milliers de joueurs, peut-être même quelques dizaines de milliers, et pourtant, d’énormes sponsors investissaient dedans. On y retrouvait des clubs de football, avec des boutiques virtuelles, Air France aussi, avec des liens qui t’emmènent vers leur site, etc.

Empire of Sports était incroyable. Grâce à lui, j’ai tissé de très bons liens avec des amis, que je vois encore plusieurs fois par an aujourd’hui. Même si on n’appelait pas ça de l’esport, j’y ai connu mes premiers rapports à la compétition dans un jeu vidéo.

Je connaissais aussi Warcraft 3, Guild Wars ou Counter Strike, j’y jouais énormément aussi, surtout les 2 premiers. Sur Empire of Sports, je faisais partie des meilleurs. Parfois, on streamait nos compétitions en les commentant sur Justin TV. Twitch n’avait même pas encore émergé.

On est donc aux alentours de 2008, c’est ça ?

Oui, les années 2008-2009-2010. On parvenait à rassembler 50 à 100 spectateurs sur la plateforme. C’était incroyable, d’autant plus que la communauté restait active. On réussissait à créer un miroir du sport réel, notamment en produisant des multiplex. On rigolait vraiment bien.

Incroyable. Je ne connaissais pas du tout ce jeu !

Empire of Sports n’a jamais dépassé sa phase de beta, pourtant, L’Équipe supportait le jeu avec un partenariat. Grâce au lien présent sur leur site, beaucoup de joueurs se sont mis à jouer. D’ailleurs, c’est mon cas. Seulement, le jeu ne bénéficie d’aucune promotion et finit par disparaitre. La base de joueurs n’évoluait pas et pourtant, on y retrouvait des sponsors de dingue, comme je te le disais.

Pour lancer le jeu, ils se mettent à créer un tournoi en ligne, en reprenant le concept de l’Open d’Australie. Le vainqueur recevait 1500€ [rires].

Ce qui est dingue pour l’époque, surtout sur un jeu complètement inconnu.

J’en parle parfois avec des personnes dans l’esport, et très peu en ont entendu parler. C’est une histoire assez dingue. Pourtant, plusieurs vidéos du jeu traînent sur internet. Avec ça, on peut dire qu’il y a 10 ans, Roland Garros plongeait dans l’esport. Ils avaient créé leur tournoi officiel : Le Roland Garros Virtual Tournament. J’ai même atteint la finale une année [rires].  

Découvrez la vie passée de Paul Arrivé sur Empire Of Sports en finale ! Crédits : F4

Ensuite, avec mes amis, on transite sur League of Legends durant la saison 2. Au départ, la compétition ne m’intéresse pas. Je préfère try hard dans mon coin, comme sur Empire of Sports. Je passe à côté de la montée en puissance de l’aspect professionnel des joueurs, comme tout ce qui se passe quelques années auparavant sur Counter Strike, Warcraft 3, ou même Starcraft BroodWar. Ça ne m’intéressait pas de suivre les compétitions.  

Tout change en 2013 et 2014. Mes amis n’arrêtent pas de me dire qu’il faut absolument que je regarde, car le niveau atteint des sommets et que la communauté s’affole à toutes les compétitions. Je laisse mes aprioris de côté et décide de franchir le pas.

Rapidement, je comprends que c’est incroyable. Tout simplement, car j’y retrouve exactement ce que j’aime dans le sport. L’ambiance compétitive, les joueurs qui se dépassent pour pousser le jeu à un niveau professionnel, mais aussi la structure des compétitions. Tout ça m’intrigue, mais en découvrant le nombre de fans dans les tribunes, je me dis qu’une seule chose : « On en est vraiment là ? ».

Je ne réalisais pas ce que je voyais. Le vrai point charnière, pour mon expérience, se situe à la finale des mondiaux 2014 de League of Legends en Corée du Sud, avec notamment, la présence d’Imagine Dragons. 

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La finale des Worlds 2013, tournant dans la carrière de Paul Arrivé sur l’esport. Crédits : Riot Games

Pourquoi quasiment aucun média français ne relaie un tel événement ? Tout de suite, la seule réflexion qui me vient à l’esprit est de me dire qu’il faut changer ça.

La 2ème année de mon Master à Grenoble se poursuit et cette idée devient une obsession. Je veux montrer au grand public que l’esport existe. Ma seule volonté résidait à pousser l’esport dans les médias traditionnels. Je sors d’une école reconnue, je fais des stages dans des médias importants et les contacts suivaient. Cette légitimité m’aidait beaucoup à faire ces démarches, car personne ne leur disait que l’esport existait, et ce n’était plus possible.

Tout part de là. J’étudie l’esport pendant plusieurs mois, jusqu’aux mondiaux suivants à Paris. Je crée des contenus pour le média 20mn, mais ce n’était pas grand-chose. Une fois sur place, je découvre encore une fois le public, l’ambiance de la salle et je deviens fou.

Dans la salle presse, je voyais des médias étrangers venant des 4 coins du monde. Moi, j’étais quasiment le seul média généraliste français à être présent, alors que l’événement prenait place à Paris, c’est quand même dingue. Il y avait L’Équipe et Fabien Mulot, qui bossait sur l’Explore dédié à l’esport. J’ai beaucoup échangé avec lui à ce moment-là, je l’ai un peu aidé sur place et c’est en grande partie grâce à lui que je suis ici aujourd’hui. Et d’ailleurs, je le remercie encore !

À partir de ce moment-là, je savais que je ne voulais plus faire autre chose. C’est ça et rien d’autre jusqu’à la fin de ma vie, même si je sais que ça n’arrivera probablement pas, mais c’est l’idée qui germe dans mon esprit à cet instant.

C’est génial, car ça allie ce que tu aimes faire au quotidien, jouer aux jeux vidéo, mais aussi ton attrait pour le sport, la compétition et le journalisme.

Oui, exactement ! On se fiche de savoir si l’esport est un sport, mais dans sa façon de le traiter et d’aborder la discipline, c’est la même chose.

Je n’ai vécu aucun mal pour passer de l’un à l’autre. Pourtant, beaucoup de personnes me demandent comment j’ai réussi à m’intégrer dans l’esport et à en parler aussi justement. Il n’y a aucune différence en fait. Se mettre à traiter, pour la première fois, du tennis de table ou du League of Legends, ça représente le même travail dans ta façon de suivre la compétition et de poser tes questions.

Évidemment, le jeu se différencie par son support, mais en t’y intéressant vraiment, tu peux comprendre assez de détails pour retranscrire fidèlement l’information pour ton lecteur. Notre formation tournée vers le sport aide énormément à cerner la manière dont se présente l’esport.

Tu évoques une grande partie de ton histoire pour en arriver là, et aujourd’hui, peux-tu nous expliquer quel est le quotidien de Paul Arrivé ?

Généralement, je me lève et arrive au travail pour 09h30. Même si mon chef de pôle surveille ma production, je reste seul sur l’esport, donc je gère le choix de mes sujets et mon planning seul.

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J’ai toujours un œil sur ce qu’il se passe. La veille accapare une grande partie de ma journée. Si une grosse actualité tombe, comme l’annonce d’une finale de l’ESL Pro League ou l’organisation d’un tournoi en particulier, je dois réagir instantanément.

Sur les grosses compétitions, je prépare, en amont, les interviews et portraits que je souhaite réaliser. Ça veut dire envoyer des mails, passer des coups de téléphone pour obtenir l’accord des personnes ou des informations spécifiques.

La journée type n’existe pas, mais elle se compose de ces éléments. Lors d’un événement, ça change un peu, car je dois courir partout et pousser, auprès des relations presse, pour produire une interview, mais dans tous les cas, ça ne s’arrête jamais. Je suis absolument tous les jeux esport, donc je ne dois rien louper. Ça deviendrait presque une addiction, même si le mot paraît fort.

En travaillant pour L’Équipe, tes articles doivent correspondre à un public averti et néophyte en même temps. Comment tu définis les angles et sujets à traiter ?

C’est l’une des premières consignes que j’ai reçues lors de mes débuts chez L’Équipe. L’idée consiste à traiter l’esport comme n’importe quel autre sport, mais de réussir ta vulgarisation pour que cela plaise aussi bien aux initiés qu’à leurs parents.

C’est pour cette raison que je produis peu d’articles se plongeant dans la stratégie et la tactique, car je parlerais qu’aux spécialistes.

C’est difficile à imager pour expliquer comment je choisis mon angle, mais il doit répondre à ce critère, une sorte de balance, qu’on réfléchisse à l’approche, mais aussi à la réalisation. Par exemple, je francise certains mots, j’essaie de situer davantage mon sujet pour le rendre compréhensible par tout le monde, même si, parfois, c’est au détriment des fans passionnés que L’Équipe souhaite aussi capter.  

J’applique la même discipline dans les contenus courts, comme les longs. Même lorsque je reviens sur une compétition, je présente souvent le jeu, le tournoi en lui-même, le niveau des équipes et la hiérarchie de tout cet ensemble selon si on parle d’un tournoi mineur ou majeur, par exemple. 

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« Le guide esport 2019 », un énorme contenu rédigé par Paul Arrivé pour aider la compréhension de l’esport par le grand public. Crédits : Paul Arrivé / L’Équipe

Tu rencontres des difficultés dans ce quotidien rythmé, hormis le suivi de l’information ?

Pour l’instant, pas tellement. Si je dois en retenir une, je dirais que ça prend énormément de temps. Mais globalement, les acteurs de l’esport sont ouverts à l’arrivée d’un média comme L’Équipe. Il est connu en France et à l’étranger, donc c’est facile de communiquer avec tout le monde. Ces personnes font même des efforts en ce sens, car elles savent à qui elles s’adressent.

Pour l’instant, je ne dirais pas que c’est simple, mais c’est plutôt agréable [rires]. Le relationnel se retrouve facilité et toutes les infos peuvent être trouvées facilement, donc c’est assez linéaire. On n’en trouve pas non plus des tonnes, même si je suis beaucoup de jeux.

Bien évidemment, je ne parle pas de tous les qualifiers, sinon, ça deviendrait trop compliqué, mais jusque-là, je ne rencontre pas de difficultés particulières. Parfois, lorsque j’étais pigiste, il m’arrivait de stresser en voyant que je n’avais rien de prévu durant la semaine, notamment lorsqu’aucune compétition n’est en cours.

Je dois faire des articles, c’est comme ça que je suis payé. Mais dans l’esport, de fortes actualités tombent tout le temps, donc cette inquiétude ne restait pas longtemps, d’autant plus, que je n’ai jamais été en panne de sujet. C’est arrivé 1 jour voire, peut-être, 2 de suite, mais il y a toujours des histoires à raconter, comme le changement de structure d’un joueur, un club de football qui décide d’investir dans l’esport, etc.

Une grosse partie de ton travail consiste à veiller sur l’actualité. Combien de temps cela te prend-il au quotidien ? J’imagine que tu utilises énormément Twitter ?

Oui, je garde toujours un œil sur ce qu’il se passe dans le monde de l’esport. Même si mes horaires de travail s’arrêtent en fin d’après-midi, ça m’arrive de continuer le soir pour préparer les sujets que je dois traiter le lendemain matin.

Il m’arrive de rater des informations, mais souvent, ça intervient durant mes jours de repos. Aujourd’hui, une stagiaire peut prendre la relève pour me remplacer et traiter l’important. Lors de ma période en tant que pigiste, il pouvait m’arriver d’écrire l’article 1 ou 2 journées après. Évidemment, ça crée un décalage dans le suivi de l’actualité, mais quand tu t’occupes de tout ça seul, c’est normal.

Pour la plateforme, effectivement, Twitter a ma préférence, mais aussi plusieurs sites français et internationaux. Je vais sur ESPN, The Esports Observer, Esports Insider, aAa, Vakarm… Ils sont plus nombreux que moi, donc ils mettent les yeux partout, c’est chouette. J’utilise énormément Reddit, que ce soit le channel Overwatch, League of Legends, CS GO… La liste n’est pas exhaustive, mais ça donne une idée. Cela dit, Twitter regroupe tous les articles de ces portails, donc ça me facilite la tâche de recherche. 

Intéressant que tu évoques certains médias, et justement, je comptais y venir. Quel avis portes-tu sur l’état du journalisme dans l’esport, et plus particulièrement en France ?

Difficile à dire. On trouve un travail de rédaction, mais le contenu journalistique reste limité dans son approche. Certaines productions sont intéressantes, mais l’état global en est à ses balbutiements.

Je ne sais pas si je suis dans le vrai, mais j’ai le sentiment que peu de personnes possèdent une formation adéquate pour comprendre comment traiter certaines informations. Pour celles qui apprennent sur le tas, j’estime que c’est bien, mais encore très amateur. Mais je ne dévoile pas de secret en disant ça.

J’aimerais découvrir plus de contenus comme le fait ESPN, avec de vrais sujets de fond, des reportages, des portraits, des interviews… On en voit en France, mais pas tant que ça. J’essaie d’en faire, mais ça manque dans l’esport. Cela dit, le web prend sa part dans cette tendance.

Oui, les contenus prennent davantage de temps à produire et rémunèrent peut-être moins le média en question.

Oui, ça attire moins de vue. C’est sûrement l’une des raisons, mais ça ne doit pas empêcher la recherche d’un travail qualitatif. Je ne critique aucun média en disant ça, il existe des contraintes de temps et de production réelles.

Il existe de bons contenus, que ce soit chez vous ou chez aAa, par exemple, avec de bonnes interviews construites, ou chez Webedia avec Millenium ou ES1, mais ce n’est pas assez malheureusement. L’esport demande plus de reportages et d’histoires qu’on n’entend jamais. C’est rare que j’apprenne de nouvelles choses sur les sites français, même si ça arrive de temps en temps.

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ES1 et d’autres médias racontent l’histoire de l’esport, mais nous devons faire encore plus ! Crédits : Webedia / Bertrand Amar

L’évolution de l’esport passe énormément par l’approche de nos médias. Flamm, rédacteur en chef adjoint du site aAa, répondait récemment aux questions de Lénaïc Leroy à ce sujet. J’aimerais revenir à L’Équipe, comment ça se passe avec tes collaborateurs ? Tu sens une évolution des mentalités concernant l’esport, ou ça reste marginal ?

Ça reste marginal. Ma crainte concernant la réception de l’esport par les professionnels de L’Équipe était réelle. Même si ce sont des journalistes, ils sont souvent plus âgés que moi. J’imaginais qu’ils resteraient avec une vision du sport excluant notre discipline, mais en fait, pas du tout.

En tout cas, en me parlant, ils me paraissent ouverts sur la question. Peut-être qu’ils possèdent un avis négatif, mais ce n’est pas l’impression que je ressens. Ils veulent découvrir notre monde. D’autant plus que ça fait un bout de temps maintenant que je traite de l’esport sur le site, donc j’espère qu’ils ont conscience que ça ne va pas s’arrêter.

Certains n’y comprennent rien, c’est certain. D’autres ont des doutes, c’est évident aussi. Mais globalement, la réception du phénomène est positive, surtout par la direction et la rédaction en chef qui estiment que ça vaut le coup d’en parler et qu’on peut travailler intelligemment  sur le sujet.

Tout à l’heure, tu expliquais que la question de savoir si l’esport est un sport n’est pas importante. Il faut davantage considérer son traitement, et pour le coup, il se rapproche du sport. Si L’Équipe se positionne, c’est sûrement parce que le média considère que l’esport est bel et bien un sport ?

Oui, comme je te le disais, ma première consigne consiste à traiter l’esport comme du sport. L’Équipe traite énormément de choses qui ont un attrait pour la compétition. Le rapport physique à l’esport est prouvé, même le CIO (comité international olympique, ndlr) reconnait une dimension physique comparable à certains sports.

À partir de là, le débat n’a plus lieu d’être. On sait que l’appellation « sport » dérange, mais si on considère l’aspect compétitif, ça suffit à L’Équipe pour estimer qu’ils doivent le traiter, et encore une fois, c’est similaire au sport dans son approche, donc ça parait logique de se positionner comme le premier média traditionnel sur la question.

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Comment vis-tu ces retours négatifs sur tous tes articles émanant de personnes qui répètent inlassablement la même chose autour de l’esport et leur non-considération comme un sport à part entière ?

Il m’arrive de leur répondre que ça a toute sa place sur L’Équipe, car l’écosystème devient professionnel et commence à se structurer comme tel. Je prête peu d’attention à ces commentaires. D’ailleurs, ils me font même un peu rire maintenant.

Souvent, ces personnes-là viennent pour troller. Répondre une fois de temps en temps, ça permet de faire le point et rappeler que l’esport restera sur L’Équipe, mais je discute surtout avec les gens qui expliquent que ça n’a rien à faire sur le site.

Ça te touche personnellement ?

Bien sûr, ces personnes-là expliquent que ton travail n’a pas sa place sur L’Équipe, ça te touche toujours plus que ceux qui racontent que l’esport n’est pas un sport. Là, ils remettent en question mon propre investissement.

Donc je leur réponds plus facilement en essayant de leur expliquer que sa place est légitime. Ce n’est pas parce qu’ils estiment le contraire que ça va changer quelque chose. J’ai répondu à quelqu’un sur Twitter récemment à ce sujet.

Paul Arrivé affectionne les victoires par K.O. Crédits : Paul Arrivé / L’Équipe

C’est un bon résumé de la chose. Ces personnes restent une minorité, mais soit, ils ne cliquent pas, soit, ils arrêtent d’aller sur L’Équipe… Il ne faut pas leur donner plus d’attention que ça.

Ce qui est incroyable, c’est qu’ils prennent le temps de répondre.

Ça arrive à d’autres sections sur L’Équipe, comme le Golf. Je veux bien que le doute soit encore permis sur l’esport, mais le Golf, c’est acté depuis longtemps de manière sociologique. C’est admis dans le monde entier, pourtant, ça n’empêche pas certains de dire le contraire sous les articles. Pour eux, si tu ne cours pas derrière un ballon et que tu ne transpires pas, on ne parle pas de sport, et je ne manque pas de respect au Football comme au Rugby, car j’adore ces sports. Bref, la vision de ces personnes reste complètement dépassée.

Au-delà de L’Équipe, que penses-tu du regard porté sur l’esport par les médias traditionnels et leurs prises de parole ?

Je suis attristé par la manière dont ils traitent l’esport pour la première fois. Certains comprennent le concept et essaient de faire des efforts en prenant le temps de se pencher sur le sujet, mais la plupart s’arrêtent à la question de la dimension sportive.

Ça fait 3 ou 4 ans que les médias se posent la même question. Il y a quelques mois, on voyait passer Néo sur Europe 1, et on a eu la même approche. Lors de la finale des LCS EU à Bercy, RMC se pose la même question, et bien sûr, l’ensemble des journalistes estimaient qu’on ne parlait pas de sport.

Alors mesdames messieurs, l’esport est-il un sport ?

Je trouve ça embêtant. Ils doivent se pencher davantage dessus et étudier véritablement la question. Parfois, j’ai l’impression que leur travail est bâclé sur le sujet. D’autres médias font de réels efforts comme la rubrique Pixels de Le Monde, ou Le Figaro où certains de leurs journalistes suivent l’esport de manière assidue.

Quand j’en parle avec eux, c’est facile, car ils comprennent le phénomène, mais lorsque je suis en face de collègues d’autres médias, c’est littéralement différent. Certains sont des amis et peuvent se moquer gentiment, mais ils sont intrigués dans le fond. L’un d’eux se met à regarder des compétitions de Smash Bros. On se demande s’il ne va pas écrire un article dessus [rires].

D’autres collègues, notamment sur France TV s’intéressent à l’esport de plus en plus et ne se ferment pas aux jeux vidéo. L’ouverture devient intéressante chez beaucoup d’entre eux, mais tout ça reste masqué par des débats incessants autour de la question récurrente qui reste de savoir si l’esport est un sport. Il existe tellement de sujets incroyables à traiter que ça en devient dommage.

Peut-être qu’ils comprennent que la question fait débat, apporte de la vue, et évite de faire de multiples recherches.

Oui, c’est certain, mais ça ne fait pas avancer le débat. Tous les ans, la réponse reste la même, « on ne sait pas ». Ils ne s’appuient même pas sur des personnes capables d’apporter une réponse définitive.

Le CIO, fin 2018, expliquait textuellement dans un communiqué que l’esport possédait une dimension physique semblable à certaines activités considérées comme du sport. Le débat est dépassé.

A la limite, si la question portait sur la sémantique du mot « sport électronique », ça deviendrait plus intéressant, et encore. On pourrait parler de la structuration du milieu, l’accompagnement des jeunes, la manière dont on doit évoluer… Mais non, on en revient toujours au même point et, en tant que journaliste, c’est frustrant.

L’Allemagne décide d’exclure le terme « esportif » pour « egamer ». Quelle position prends-tu là-dessus en tant que journaliste esport, mais aussi passionné ?

Je ne l’accepte pas. Ce sont des personnes qui ne comprennent pas de quoi ils parlent. Le terme « sport » les crispe. Ce n’est pas leur représentation du sport, donc ils se ferment sur la question.

Le même phénomène a eu lieu en France avec un député ou un sénateur parce qu’il considérait qu’avec l’esport, nous ne sommes pas dans le « manger bouger ». La dépense énergétique importe dans la question, et nous ne pouvons pas dire que c’est le cas avec l’esport.

En effet, nous sommes assis sur une chaise, mais ce n’est pas incompatible. Quand tu pratiques le Golf ou du tir à l’arc, tu te dépenses, mais est-ce vraiment plus qu’une partie de Counter Strike où tu restes constamment concentré ? Difficile à dire.

Par exemple, faire un footing, pour moi, ce n’est pas faire du sport, mais plutôt se dépenser physiquement. La conception du sport diffère selon les individus, et notamment en Allemagne, apparemment.

C’est pareil pour le champ sémantique. Ça dure 6 mois et les acteurs de l’esport ne veulent pas s’appeler « egamer », et ils ont raison. Le résultat, on n’avance pas sur les sujets importants.

Avec l’audience qui ne fait que grossir au fil des années, la couverture médiatique suivra forcément. J’aimerais revenir là-dessus et bénéficier de ton expérience pour ceux qui souhaiteraient suivre ta voie. Quels conseils donnerais-tu pour quelqu’un qui ambitionne de devenir journaliste esport ?

S’intéresser au sport et transposer ce qu’il y trouve dans l’esport. L’école de journalisme, c’est important, car ça donne des clés pour traiter correctement les sujets, mais comprendre ce qu’il se passe ailleurs pour l’appliquer à l’esport, c’est une bonne recette pour se réinventer constamment.

Le sport est un milieu structuré où les professionnels savent parfaitement comment traiter l’information. Il faut capitaliser sur cette expérience.

Quelles sont les qualités humaines ou techniques à posséder absolument quand on veut devenir journaliste esport ?

La curiosité, il ne faut pas avoir peur des heures de travail et rester alerte sur les actualités qui tombent à l’instant T. Il faut aussi être ouvert et avoir un sens du relationnel. Ne pas être trop timide, même si ça se travaille, être curieux et techniquement, savoir bien écrire et comment construire une interview. Tu peux également t’entraîner au montage et à la prise de vue. Ce sont des armes que tu acquiers avec une école de journalisme et du temps en répétant l’exercice constamment.

Tu as un dernier mot à dire pour conclure cette interview ?

L’esport ne reculera pas et continuera à se structurer. On a besoin de personnes avec une forte volonté sur l’aspect média, notamment, qui iront dans les rédactions traditionnelles pour tenter d’expliquer et de vulgariser notre discipline.

De nombreuses histoires restent à raconter. C’est massif, et il faut s’y intéresser. La structuration du milieu et sa pérennisation passeront aussi par-là. Certains sujets m’inquiètent plus que d’autres, comme la prise en charge des jeunes et leur formation pour devenir joueurs professionnels, ou justement, s’ils n’y arrivent pas, comment les accompagner autrement, notamment via la création d’un esport-étude ?

On a besoin des médias traditionnels et leur savoir-faire pour traiter ces questions plutôt que la question de la dimension sportive. J’espère que nous évoluerons en ce sens.

Merci à toi Paul.

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Mon entretien de Paul Arrivé arrive à sa conclusion !

J’espère que vous appréciez sa sincérité et sa vision envers les nombreuses questions que je lui ai posées.

Paul a raison. De gros efforts doivent encore être fournis pour réussir le pari d’intégrer l’esport comme une pratique légitime aux yeux du monde entier. Mais c’est en suivant ses pas, qu’avec le temps, nous pourrons y arriver.

Avant de partir, voici les 8 leçons à retenir de l’interview :

  • L’esport demande l’arrivée de personnes motivées et compétentes dans les médias traditionnels pour vulgariser notre pratique. Le CDI de Paul Arrivé est une première étape de la confiance qu’ils commencent à nous accorder, mais ce n’est pas assez, bien évidemment.
  • Dans son traitement de l’information, l’esport rejoint le sport et partagent des codes similaires.
  • Comme tout secteur, l’esport demande une veille permanente pour retranscrire fidèlement les histoires qui s’y passent, mais attention, ça bouge vite et il faut être capable de ne rien louper.
  • La tâche de Paul Arrivé au sein de L’Équipe est complexe. Il doit plaire à un public de néophytes et de passionnés. La vulgarisation est de mise !
  • Plus l’esport s’intégrera dans les médias traditionnels, plus il sera légitime aux yeux de la population générale. C’est une course qui mérite d’être menée.
  • Comme l’indique Paul Arrivé, l’approche journalistique n’est pas limitée que dans les médias traditionnels, nous devons, nous aussi, proposer davantage de contenus et d’histoires à raconter.
  • La confiance de L’Équipe envers Paul Arrivé et l’esport permettra sans doute à d’autres médias d’emboîter le pas et de créer des opportunités supplémentaires.
  • Et le plus important pour la fin, rédacteurs et rédactrices en chefs, arrêtez de vous lancer inutilement dans des débats stériles qui n’intéressent plus personne. Que l’esport soit un sport ou pas (et finalement, on s’en fiche un peu, non ?), démarquez-vous de vos confrères en proposant une réelle discussion pour faire avancer le milieu. Nous avons besoin de vous. Vraiment.

Voilà, j’espère que l’interview vous a plu !

Vous pouvez retrouver Paul Arrivé sur son Twitter où il y est très actif et échanger avec lui à n’importe quel moment.

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