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Ana Maria Olcina : « Tout le monde peut faire de sa passion un travail ! »

Par Alexandre Hellin
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Imaginez la scène.

Il est 20h00, la nuit tombe, le ciel se couvre et quelques gouttes tombent sur le bord de la fenêtre face à votre regard. Vous venez de passer la journée sur l’ordinateur à travailler votre CV et fouiller LinkedIn à la recherche d’une offre d’emploi dans le milieu qui vous passionne. Sans succès.

Frustrant, n’est-ce pas ?

Vous tournez le problème dans tous les sens, mais le constat reste sans appel : travailler dans l’esport ne va pas être simple.

Est-ce de votre faute ? Le secteur a-t-il du mal à recruter ? Y a-t-il tellement de demandes que l’offre est invisible ?

Un peu tout ça en même temps, sans doute.

Savez-vous comment j’ai eu l’idée de créer esport insights ?

J’ai toujours su que l’esport serait ma vocation. Il m’apporte tellement au quotidien qu’il m’est impensable d’aller voir ailleurs.

Mais j’ai aussi eu de nombreuses années d’expériences bénévoles qui m’ont permis de comprendre la réalité des choses. Pour travailler dans l’esport, il faut des compétences, sacrifier beaucoup de son temps et de son énergie, du culot, un réseau, et surtout, apporter beaucoup de valeur, aux bonnes personnes.

Car vous avez sans doute dû le remarquer, mais les offres d’emploi ne courent pas les rues. 

Je n’ai envoyé aucun CV. Aucune lettre de motivation. En réalité, je n’ai frappé à aucune porte, et pourtant, je peux vivre de ma passion aujourd’hui.

On ne s’en rend pas compte tout de suite. En réalité, il existe de nombreuses opportunités à saisir. Et celles et ceux qui les cherchent ne doivent pas lâcher leurs efforts.

Je ne le répéterai jamais assez. L’esport est jeune, et les places restent chères.

Mais venons-en au vrai sujet de cet article : l’arrivée de Randstad dans l’esport.

Pourquoi un poids lourd du recrutement et des ressources humaines souhaite s’asseoir à notre table ?

Je m’en rappelle encore. Je me baladais dans les allées de la Paris Games Week et aperçoit, au loin, un visage familier placardé sur une grande bâche pour promouvoir la venue de la marque dans le gaming et l’esport. Celui de Kayane.

Le message est porteur : « parce que la question n’est plus de savoir si on peut vivre de sa passion, mais de savoir comment. »

J’étais étonné, mais agréablement surpris. Les choses avançaient.

A l’époque, je n’avais aucune raison de m’y intéresser pour mon cas personnel. Ce n’était pas mon moment.

Près de 16 mois plus tard, je me baladais, une fois encore, à la Lyon esport (oui, j’aime beaucoup me balader).

Je retombe sur le stand de Randstad. Cette fois-ci, l’ambassadeur change de visage, mais reste un as du versus fighting : Luffy, dont vous pouvez découvrir mon interview.

Je me pose quelques instants pour le regarder jouer. Nos regards se croisent et un signe de tête respectueux s’échange. Aucune chance d’entamer une discussion. Une horde de jeunes est prête à se bousculer pour avoir l’honneur de se faire détruire par notre champion du monde français.

Et puis me vient une question. Comment la marque avance-t-elle dans sa mission ambitieuse ?

C’est un sujet passionnant !

Je suis donc parti à la rencontre d’Ana Maria Olcina, directrice marketing France du groupe pour en savoir plus.   

Durant nos échanges à la Lyon Esport, mais aussi durant mon interview, elle a pu se livrer sur les raisons profondes de leur arrivée dans notre milieu, mais aussi et surtout, sur ce qu’elle veut apporter à la dimension professionnelle liée aux emplois.

Bonne lecture !

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Bonjour madame Olcina, pour débuter cette interview, pourriez-vous revenir sur votre parcours et votre activité au sein du groupe Randstad ?

Bonjour ! Bien sûr, je m’appelle Ana Maria Olcina, je suis d’origine espagnole. J’ai un peu plus de 25 ans de carrière dont 10 années en Espagne aux départements marketing de sociétés comme Colgate Palmolive, Philip Morris, Johnson & Johnson et Altadis. J’ai également passé près de 10 ans dans le secteur du tabac en France, et ensuite, j’ai souhaité changer de secteur.

Je suis rentrée chez Randstad où je suis aujourd’hui directrice marketing du groupe, donc je gère le marketing de toutes les marques qui y sont présentes comme Expectra, Appel médical, etc.

Il y a 2 ans, Randstad crée randstad.game et investit le monde du jeu vidéo et de l’esport. Comment le projet s’est construit en amont de votre arrivée dans le secteur ? Quelles sont vos motivations et attentes ?

Vaste question, mais très intéressante. Il faut savoir que beaucoup de personnes nous connaissent comme une société spécialisée dans l’intérim, mais nous sommes plus que ça. Nous sommes dans les ressources humaines, et à ce titre, on propose également du recrutement pour du CDD et du CDI. Nous proposons également du coaching, de l’assessment, de l’outplacement, etc.

On place beaucoup l’humain dans les valeurs de Randstad, jusqu’au logo de la marque « Human Forward ». En tant que directrice marketing, ça veut dire plein de choses pour moi.

Quand je suis arrivée, quelque chose m’a interpellé. Comment se fait-il qu’on utilise autant le digital, que ce soit pour chercher un itinéraire, son âme sœur ou le repas du midi, et qu’on soit autant en retard quand il s’agit d’emploi ?

Avec Randstad, j’estime que nous avons un rôle social. L’esport est un bon moyen de toucher une génération de millenials qui vit à travers son smartphone et tous les appareils connectés. Ils ne veulent pas envoyer de CV ou de lettre de motivation comme on le faisait anciennement. Ils poussent un nouveau mode de consommation.

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De la même manière, ils se désintéressent des médias traditionnels. C’est pour cette raison que nous souhaitons les accompagner dans leur passion, pour avoir un impact réel dans leur vie.

En plus, l’esport crée de nouveaux métiers. Nous voulons valoriser ça, car c’est vraiment intéressant la manière dont toutes ces personnes font de leur passion une vraie activité sur laquelle ils peuvent vivre, surtout pour les plus jeunes.

Ensuite, je pense sincèrement qu’il existe des compétences développées grâce à l’esport que nous pouvons lier avec le monde du travail plus classique. Mais on peut aussi y trouver des développeurs, des animateurs ou des casters, par exemple.

En France, il y a des millions de chômeurs, mais dans le même temps, des centaines de milliers de postes non pourvus. Une grande partie d’entre eux sont des postes pénuriques, comme les développeurs. C’est l’une des qualifications les plus difficiles à trouver, et pour moi, entrer dans le domaine de l’esport et du jeu vidéo permet, d’une certaine façon, d’y remédier à long terme.

L’esport suit le même chemin que le sport, et pour Randstad, qui promeut l’humain tout en étant la société numéro 1 mondial dans les ressources humaines, ça me semble logique de rentrer tout doucement dans cet univers.

Je sais que l’esport est un secteur spécial, et qu’une marque non-endémique ne doit pas arriver en plantant son logo et en criant « Here we are ! », et toute manière, ce n’est pas ce que je voulais. Il fallait que nous gagnions en crédibilité.

C’est pour cette raison que nous avons commencé discrètement fin 2017 à la Paris Games Week. Nous avions un stand fermé en association avec ESL et avons recruté tous les démonstrateurs et démonstratrices pour Square Enix. On leur laissait une place dans notre stand pour qu’ils puissent se changer, car à la PGW, ça peut être difficile et certains le font devant tout le monde parfois. Ils avaient aussi la possibilité d’avoir leur moment de pause pour manger des sandwichs et des salades mis à disposition, mais aussi un ostéopathe pour les relaxer. Nous respections non seulement les contrats et la rémunération, mais aussi le nombre d’heures que chacune des personnes recrutées faisait. Elles étaient toutes ravies d’évoluer dans de bonnes conditions.

Interview sur le stand Randstad durant la PGW 2018

Evidemment, elles sont passionnées et elles travaillent pour ça dans un cadre humain, donc ça aide à les mettre à l’aise. Pour célébrer la fin du salon et mettre nos intérimaires en avant, nous avons même organisé une fête. Tout le monde peut faire de sa passion un travail.

Petit à petit, on a élargi notre champ d’action en allant également à l’Occitanie esport. Nous avons créé la plateforme Randstad.game où nous ajoutons et améliorons régulièrement des fiches métiers sur les différentes activités que l’on retrouve dans l’esport, avec notamment des capsules vidéo de professionnels expliquant leur quotidien à travers leur travail.

Tout ça nous permet d’expliquer aux personnes qui visitent notre site ou celles qui viennent nous rencontrer en événement qu’il est possible de vivre de sa passion en trouvant du travail dans l’esport.

Il est possible de développer des compétences avec le jeu vidéo et aspirer à une belle carrière en-dehors du secteur, car il existe de nombreuses passerelles. Pour appuyer cette idée, nous avons mis en place le dispositif Jobcraft sur notre site. C’est un quiz avec des questions liées au domaine du jeu vidéo qui propose pour chaque réponse, 4 choix.

En définissant le profil du visiteur, cela lui permet de comprendre vers quels types de métiers il peut se diriger avec ses compétences actuelles. Ça permet également de briser la glace et de commencer à parler avec eux.

Notre motivation est double. Tout d’abord, elle est sociale. On considère que nous pouvons aider ce monde à se professionnaliser. J’adorerais qu’on arrive à accepter une formation esport aussi sérieuse que le sport-étude aujourd’hui. Je sais que certaines spécialisations arrivent dans différents masters reconnus, mais on doit pousser les choses encore plus loin pour accompagner les plus jeunes le plus sérieusement possible.

Certains parents viennent nous voir sur notre stand en s’inquiétant de l’activité de leurs enfants, car ils passent beaucoup de temps à jouer. On essaie de leur donner une vision différente en leur prouvant qu’ils peuvent développer des compétences professionnelles et humaines. La plupart du temps, elles sont rassurées après ça. Elles souhaitent bien souvent qu’on les aiguille sur des formations sérieuses, mais actuellement, la plupart coûtent une fortune et ne donnent pas encore satisfaction sur les emplois à la sortie, donc ce n’est pas évident.

Bien sûr, Randstad est une entreprise et doit gagner de l’argent pour vivre, mais nous n’occultons pas notre action sociale et, au contraire, nous essayons de lier les deux pour que tout le monde soit content.

Effectivement, les deux peuvent se marier sans souci !

Aider à trouver un emploi ou accélérer la mise au travail des jeunes, je trouve ça passionnant. J’y crois beaucoup.

Pourtant, ce n’est pas simple de rentrer dans un milieu comme l’esport. Les acteurs ne nous connaissent pas encore vraiment et il peut être difficile de créer un contact. D’autant plus qu’ils cernent peut-être mal comment nous pourrions les aider.

Nous faisons de l’affichage pour que tout le monde puisse accéder aux postes CDD/CDI, stage ou intérim, mais on peut aussi recruter sur tous les types de contrats. L’esport est un secteur qui attire, donc les candidatures sont nombreuses. Il peut être difficile, parfois, de trouver le bon profil.

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Pour une société qui reçoit 800 CV, nous pouvons faire ce tri, se mettre d’accord sur les compétences recherchées, qu’elles soient professionnelles ou humaines, et affiner les résultats en proposant 4-5 candidats finaux à notre client pour lui faire gagner du temps et assurer la pérennité et la performance de son équipe.  

Peut-être que les acteurs de l’esport, et peut-être ceux du jeu vidéo dans une moindre mesure, peuvent considérer que leur domaine crée des compétences endémiques et qu’il peut être difficile pour une société comme Randstad de s’intégrer à ce nouveau domaine de manière efficace ?

C’est avant tout une question de brief. Nous savons détecter les compétences, car nous déployons des méthodes pour le faire efficacement. Ce qui est plus compliqué, c’est la sélection et les tests à faire réaliser aux candidats.

Pour nos recrutements, nous utilisons énormément notre avancée technologique, comme par exemple, un chat bot qui permet de trier automatiquement les candidatures en amont. Ils ne sont pas spécialisés esport, mais si nous arrivions à attirer une masse critique suffisante d’offres d’emploi, nous pourrions le faire facilement.

Nous avons aussi des outils comme Youplan qui révolutionnent le monde de la planification, que ce soit des intérims, mais aussi des permanents. On s’appuie profondément sur le digital, et c’est aussi pour ça que nous croyons à l’esport et au jeu vidéo.

On sait que la carrière des joueurs se termine tôt. Il faut réussir à leur donner des passerelles pour leur reconversion. Je trouve ça dommage de finir sa carrière à 25 ans et ne pas savoir rebondir dans l’esport par manque de compétences initiales. C’est ce qu’on veut éviter.

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La carrière des joueurs reste courte. Dès le départ, il faut songer à sa reconversion professionnelle dans le milieu de l’esport ! Crédits : KennyS

D’ailleurs, l’esport a besoin de compétences. Il s’est longtemps structuré autour du bénévolat, mais très souvent, ces personnes n’étaient pas totalement professionnelles ou compétentes dans leur activité. Elles étaient là par passion. Aujourd’hui, les sociétés dans l’esport commencent à recruter des profils avec de bonnes compétences, mais ça n’a pas toujours été le cas. C’est l’une des raisons pour lesquelles de nombreuses écoles esport voient le jour. Vous avez essayé de vous rapprocher de l’une d’elles ?

Oui, nous sommes actuellement en train de le faire. Lors de la Lyon esport, certaines personnes m’ont approché en ce sens. Certaines venaient d’associations qui essaient de former les joueurs ou d’autres d’écoles qui commencent à avoir un nom dans le milieu.

C’est dans l’intérêt de tout le monde que l’esport reconnaisse certaines écoles sérieuses et structurées. Nous devons rendre tous ces jeunes autonomes avec leur passion, mais surtout, leur assurer un travail derrière, car ça peut être dur pour les parents d’investir sur le futur de leurs enfants avec autant de risques.

C’est difficile de jauger le marché de l’esport sur l’emploi, car toutes les offres passent par le marché caché et n’atterrissent pas nécessairement sur un job board. Pour un parent qui ne s’y connait pas, ça peut faire peur, mais surtout, est-ce que les jeunes de 13-14 ans ont conscience de vouloir y faire carrière ? Pour eux, ça s’arrête souvent à du divertissement.

Effectivement. De manière générale, je n’ai pas le sentiment qu’ils soient très éclairés sur la question. Le peu d’enfants de cet âge que j’ai pu voir venaient principalement pour jouer contre Luffy, notre ambassadeur et champion de versus fighting.

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Ana Maria Olcina & Luffy lors de la finalisation du partenariat. Crédits : Randstad

Vers 17-18 ans, ils y réfléchissent un peu plus et ça se ressent. Ils font souvent le quiz Jobcraft et posent des questions sur les différentes formations possibles. Je me dis souvent que c’est dommage de ne pas pouvoir vraiment les éclairer là-dessus, mais ça changera avec le temps.

Vous avez fait plusieurs salons et vu beaucoup de parents. Quelles sont les questions les plus récurrentes que l’on vous pose ? Y’a-t-il des professionnels qui viennent vous voir pour comprendre ce que vous voulez faire ?

J’ai eu beaucoup de contacts avec des associations et des sociétés durant nos déplacements en salons et LAN.

Au départ, ils ne comprennent pas ce qu’on veut faire, mais une fois qu’on leur explique, ils adhèrent complètement et voudraient même aller plus loin. Je peux par exemple parler de Women in Games, la ville de Poitiers, etc.

Lors de la Lyon e-sport, j’ai pu voir pas mal de jeunes et de parents et il y avait principalement 2 questions qui revenaient. La première était « L’esport, est-ce que ça marche vraiment pour y travailler, et si oui, vers quelle formation aller ? » et ensuite, « Quelles sont les passerelles possibles entre l’esport et les secteurs traditionnels ? »

On essayait de leur expliquer qu’il est possible de devenir chef de produit dans l’esport, et de pouvoir retourner dans des secteurs plus classiques dans l’événementiel ou d’autres métiers du marketing ou de la communication, par exemple.

Là où je trouve vos actions intéressantes, c’est que Randstad est un nom familier pour les parents qui accompagnent leurs enfants. L’entreprise existe depuis des dizaines d’années, donc, quelque part, ça les rassure et apporte une légitimité au milieu.

Oui, et c’est un plaisir de voir des mamans beaucoup moins stressées sur la question une fois qu’on répond à leurs attentes. Ça ne prend pas plus de 5 à 10mn, mais ça leur fait du bien. Souvent, elles nous répondent qu’on leur donne une autre image de la discipline, mais cela s’explique facilement car il y a une méconnaissance sérieuse sur le sujet.

Ça se voit sur leur visage. C’est comme si on leur enlevait un poids ou une épine du pied. J’aimerais aller encore plus loin. En 2020, on aura 60 ans. On est numéro 1 mondial et grâce à notre expérience, on développe beaucoup de méthodes et de process pour renforcer nos actions. L’humain est notre ADN et on donne tout pour réussir à le développer.

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J’aimerais revenir sur la première PGW que vous avez pu faire. Vous me disiez être tout de suite lié à ESL, qui est l’une des marques les plus connues dans l’esport. C’est un signe fort que d’entrer avec eux dans le monde de l’esport. Vous pourriez revenir sur ce partenariat et comment il s’est créé ?

Cette liaison a été possible grâce à une ancienne personne de mon équipe, qui, malheureusement, ne travaille plus pour Randstad, Gilles Gobron. Il avait souvent des réunions avec Samy Ouerfelli, qui n’est d’ailleurs plus chez ESL non plus.

Petit à petit, ils ont commencé à discuter sur un potentiel partenariat et une entrée de l’entreprise dans l’esport. On ne voulait pas planter notre logo et arriver en conquérant. Ça n’aurait pas été crédible aux yeux de tous les acteurs.

On souhaitait y aller doucement et venir discuter avec l’esport dans son ensemble. Grâce à ESL, nous avons pu travailler avec Square Enix pour la PGW comme je le disais plus tôt, mais également lors de salons tels que la Japan Expo. Cette marque nous fait confiance et vient vers nous pour recruter les démonstrateurs et animateurs.

Vous apportez quoi à ESL ?

C’est eux qui géraient la partie Square Enix, et ils se rendaient compte que les conditions de recrutement et de travail n’étaient pas idéales sur un salon. Ils voulaient mieux et ont tout de suite accroché quand on leur a exposé notre vision humaine de l’emploi.

Aussi, nous ne souhaitons pas nous concentrer seulement sur des métiers comme démonstrateurs ou animateurs, mais traiter le plus largement possible l’écosystème professionnel de l’esport et du jeu vidéo.

On veut accompagner les entreprises à trouver des profils compétents, mais aussi avec un savoir-être correspondant à la culture en place. On va beaucoup plus loin qu’un simple CV. On regarde au-delà, car au-delà de l’entreprise, on veut aussi que le candidat soit en adéquation avec les valeurs de ses futurs responsables.

Votre vision est très intéressante, et on ressent bien cette notion de placer l’humain au cœur du processus de recrutement, mais le souci, et vous l’avez pointé du doigt très justement, c’est que dans l’esport et le jeu vidéo, il y a énormément de prétendants pour peu de places. Et ceux qui arrivent à obtenir un poste doivent accepter beaucoup de choses pour le garder au risque de perdre sa place. Forcément, ça ne facilite pas les échanges. J’imagine que l’intégralité des acteurs, que ce soit des clubs esport, des éditeurs ou des créateurs de jeu vidéo, sont difficiles à atteindre ?

En effet. Et justement, nous voulons aller davantage en province et différents salons pour parler à un maximum de personnes, car comme dans tout secteur, c’est le réseau qui fait beaucoup. Mais bien sûr, ce n’est pas évident de s’ouvrir un chemin dans l’esport, car c’est une forêt complexe à visiter. 

Vous serez présents lors des prochaines LAN ?

Nous allons être à Tours, à l’Occitanie esport, l’ESWC Metz, la PGW et nous avons fait Lyon. Nous aurions voulu aller à la Gamers Assembly, mais pour des raisons de calendrier et de disponibilité, nous n’avons pas pu être présents.

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Les jeunes sont nombreux à se questionner sur leur avenir dans le jeu vidéo. Crédits : Randstad

Pour conclure cette interview, pourriez-vous nous parler de vos plans pour l’avenir et ce que vous espérez implanter dans le court-moyen terme ?

L’esport est un pari qui n’est pas encore totalement réussi. Nous commençons à avoir plus de visibilités sur nos actions, mais nous avons besoin que les acteurs de l’esport jouent le jeu pour développer le milieu de la meilleure manière.

J’aimerais vraiment aider les associations de joueurs ou les jeunes entreprises esport dans la gestion de leurs contrats et les tâches administratives qui leur prennent un temps considérable. Nous avons une cellule chez Randstad qui s’en occupe parfaitement.

J’aimerais également que l’on devienne une partie prenante de la formation et aider à faire bouger la législation. Il faut réussir à faire considérer l’esport à sa juste valeur. J’ai encore pas mal d’idées, mais pour ça, nous devons d’abord débloquer le premier niveau et s’assurer que notre vision est acceptée.

Dans le groupe international Randstad, nous sommes le premier pays à sauter le pas de l’esport, et d’autres veulent suivre notre exemple. C’est intéressant, mais il reste encore beaucoup de travail pour crier victoire.

J’espère que ça fonctionnera ! Votre mission est superbe et nous en avons bien besoin.

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Mon interview d’Ana Maria Olcina touche à sa fin. J’espère qu’elle vous permet de découvrir à quel point l’emploi questionne dans l’esport.

C’est un sujet ô combien important pour l’évolution de notre écosystème et l’arrivée d’acteurs comme Randstad est motivante.

Voici les 7 leçons à retenir de cet échange :

  • Grâce à son appétence et son avancée dans les outils digitaux, Randstad souhaite investir toujours plus le numérique et la jeunesse, et quoi de mieux que le jeu vidéo et l’esport pour ça ?
  • Randstad est arrivée de la bonne façon dans notre milieu. Ils comprennent l’importance d’un message sincère. Le soutien de l’ESL dans cette action était aussi une excellente opportunité, tant la marque rayonne dans le monde entier auprès des joueurs.
  • Pour offrir un message unique à tous les fans d’esport souhaitant allier passion et travail, la marque propose une plateforme dédiée : randstad.game. L’occasion de découvrir de multiples fiches métiers, des informations sur l’esport, mais aussi le quiz Jobcraft pour cerner quels types de postes vous correspondent.
  • Randstad souhaite aider les acteurs professionnels du milieu en proposant son expérience en matière de recrutement, notamment avec ses méthodes développées depuis de nombreuses années.
  • Ce n’est un secret pour personne. Il est difficile d’entrer sur le marché de l’esport et d’y trouver un emploi. La majorité des offres sont pourvues rapidement, mais avec l’arrivée des écoles spécialisées et la structuration de l’écosystème sur le plan national, cela tend à s’améliorer.
  • Même si leur nom n’est pas familier dans la tête des plus jeunes, il l’est dans celui de leurs parents ! Pour moi, la venue de Randstad dans l’esport est une chance incroyable pour apporter une meilleure crédibilité à notre écosystème, surtout, pour les anciennes générations. Et nous en avons besoin.
  • Enfin, Randstad compte bien continuer ses efforts et multiplier leurs apparitions en salon, notamment.

Il ne leur reste plus qu’à leur souhaiter bonne chance !

N’hésitez pas à suivre Randstad sur Twitter et à partager l’interview pour nous soutenir et propager les leçons de cet entretien !

Comme d’habitude, vous pouvez nous retrouver également sur notre Twitter ou en venant discuter avec nous sur Discord !

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