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Lounet : « Je pense qu’on va gagner les EU Masters ! »

Par Alexandre Hellin
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Connaissez-vous le seul point commun des personnes qui accomplissent de grandes choses ?

Elles s’obligent constamment à sortir de leur zone de confort.

C’est ce que Riot Games s’efforce de faire avec League of Legends depuis sa création.

Seulement, l’année 2019 semble être un tournant majeur pour l’éditeur.

La LPL écrase tous les records tant la communauté chinoise est incroyable. La LCK offre un spectacle passionnant emmené par des équipes comme Griffin, T1 ou encore Kingzone DragonX. Le rebranding de la LEC est un succès et la ligue est tout aussi incroyable à suivre. Dans une moindre mesure, c’est aussi le cas pour les LCS (aucune surprise EU > NA)…

On en parle jamais assez, mais Riot Games réalise une sacrée avancée pour l’esport. Le jeu arrive sur ses 10 années d’existence et il semble baigner dans une fontaine de Jouvence lui accordant une jeunesse éternelle.

Les compétitions ne manquent pas. L’éditeur aurait pu s’arrêter là, et pourtant, il donne l’énergie qu’il faut pour aller au bout de ses ambitions : maintenir League of Legends comme le jeu de référence lorsqu’on emploie le mot « esport ».

Pour y arriver, il lance également les ligues nationales. En France : la LFL.

Le pari était osé, surtout dans un contexte où Riot Games se positionne sur tous les fronts pour gagner une guerre de l’attention.

Mais la LFL n’existe pas seulement pour faire plaisir aux fans ou aux équipes qui les supplient d’intégrer un cadre plus sain pour se développer. Elle est là pour former les stars de demain et assurer le spectacle lorsque des joueurs comme Rekkles, Caps ou Perkz laisseront leur place à de nouveaux venus.

La stratégie est huilée. Et à l’instar des ligues universitaires américaines, Riot Games prépare simplement l’avenir de son jeu.

Nombreux étaient les fans et les acteurs de l’esport à se questionner sur une telle initiative.

La naissance d’une ligue fermée à 8 équipes pré-sélectionnées pouvait-elle représenter le futur de l’esport national ? Y’a-t-il assez de spectateurs potentiels pour espérer un retour sur investissement et pérenniser la situation des joueurs et des structures ?

C’est vrai. La communauté française est exceptionnelle (la meilleure au monde, c’est dit). Mais voudrait-elle suivre une compétition locale, d’un niveau inférieur à celles déjà présentes partout dans le monde et qu’elle a déjà du mal à suivre ?

C’est précisément sur ce point que l’annonce est critiquée. Poussant même Narkuss à se retrouver en 1 vs 9 face à d’autres personnalités comme Chips, Zaboutine ou Shanky (et cette fois-ci, pas de Fiddlesticks à l’horizon pour « carry des bonobos »).

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Les attentes sont nombreuses, mais la solution apportée par Riot Games était plutôt bien accueillie par le plus grand nombre.

À la rédaction de ces mots, la fin du premier split est arrivée, avec une question cruciale. Quel résultat pouvons-nous en tirer ?

Je ne peux pas parler à la place des principaux intéressés. Les équipes, les marques, Webedia, Riot Games ou encore O’Gaming ont sûrement leur avis.

Mais d’un regard extérieur, si on se base sur l’audience, la qualité de production et le suivi de la compétition, on peut sans doute affirmer que le défi est en passe d’être réussi.

Encore une fois, Riot Games soulève des montagnes pour faire avancer l’esport, comme il l’a fait en implantant les LCS, il y a maintenant 7 ans. Bien sûr, les choix sont critiquables. Tout n’est pas parfait et il reste de nombreuses choses à redire.

Mais je n’ai pas la sensation que la LFL soit un échec. Au contraire. Personnellement, je me suis même surpris à préférer suivre la ligue nationale plutôt que les LEC ou la LCK. Un peu de chauvinisme, sans doute, mais aussi l’envie de suivre l’aventure de joueurs dont je me sens plus proche.

Et après cette première partie de saison, j’ai souhaité m’approcher de Lounet, manager connu et reconnu de la scène française, officiant actuellement chez Team LDLC.

Le parcours de l’équipe est incroyable, et ce n’était une surprise. En gagnant 3 à 1 leur finale des playoffs de la LFL face à Misfits Premier, elle assoie, une fois de plus, sa suprématie. Et elle est sans conteste, depuis le début de la compétition.

Quel est son ressenti sur la LFL ? Que pense-t-il du niveau des équipes ? Comment se placent-ils face au défi qui attend ses joueurs à l’EU Masters ? Quelles sont ses attentes pour la suite ?

Mon entrevue avec Lounet est l’occasion de faire le point.

Alors, bonne lecture à tous !

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Bonjour Lounet. Pour démarrer cette interview, je dois forcément y revenir ! Comment on se sent après une victoire finale en LFL ?

Bonjour ! Eh bien, elle fait plaisir, surtout que c’est notre première victoire en finale de playoffs. Nous avions déjà gagné des étapes du LoL Open Tour, mais jamais sur des phases finales aussi importantes, donc ça fait du bien.

Nous étions favoris, donc peut-être qu’on apprécie un peu moins la victoire, mais toute l’équipe est contente. Surtout, nous avons prouvé notre solidité tout au long de split, donc la confiance reste intacte pour les EU Masters qui arrivent !

Grâce au format adopté, vous êtes propulsé en finale avec votre première position au classement lors de la saison régulière. Cela dit, vous restiez sur une défaite contre Vitality.Bee. J’imagine que ça n’a pas impacté votre sérénité pour jouer face à Misfits ?

Non, après, nous venions de changer l’un des joueurs de l’équipe. C’était une petite interrogation, car nous avons joué qu’une seule semaine ensemble. Mais nos entraînements se passaient bien, donc nous étions confiants, comme d’habitude.

Même dans la vie de tous les jours, l’ambiance est superbe. En entamant cette finale, on savait qu’on allait gagner. Misfits était sur une bonne lancée, il fallait juste ne pas les sous-estimer.

Vous vous êtes préparés spécialement pour la finale ou vous êtes restés sur un schéma classique en vous disant que vous étiez au-dessus ?

Oui, nous avons procédé comme d’habitude. La recette fonctionne.

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Tu évoques l’arrivée d’un nouveau joueur, et en l’occurrence, c’est HiRit sur la Toplane. Tu peux revenir sur ce changement ?

Nous avions un souci avec Bando et ça ne se passait pas idéalement en scrim ou même durant les matchs officiels. Au bout de plusieurs semaines, on ne voyait aucun changement, donc on a décidé de l’écarter.

L’arrivée d’HiRit s’est faite assez rapidement. On ne trouvait personne en Europe, donc on a réfléchi aux joueurs coréens. Le contact s’est bien passé. HiRit était réceptif à l’idée de venir chez nous. Il adhère au projet et voulait venir tenter sa chance par ici.

L’alchimie se passe bien, et avec un bon encadrement, on sait qu’il peut aller très loin. Pour le moment, nous sommes encore sur une phase de test, car on souhaite se laisser un peu de temps pour valider notre choix, mais tout se passe bien, donc il n’y a aucune raison qu’il reparte en Corée.

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HiRit est le nouveau gardien de la Toplane de LDLC. Crédits : LDLC

D’autant plus qu’il a été performant sur la finale contre Misfits, c’est prometteur ! Comment s’intègre-t-il à l’équipe et son nouvel environnement ?

Il est hyper sociable et essaie énormément de parler, même s’il n’y arrive pas forcément. Il rigole beaucoup, et avec l’ensemble des joueurs, on fait tout pour l’intégrer du mieux possible.

On adopte un peu les mêmes expressions que lui, on essaie de plaisanter sur ses tocs de langage, et ça permet de créer du lien. Après, le fait qu’il soit ouvert, ça nous aide forcément. Il savait que ça allait être difficile, mais il fait des efforts incroyables pour que tout se passe bien de son côté. Ce n’est pas un joueur qui reste dans son coin, et dès qu’il a un besoin, il n’hésite pas à demander de l’aide.

Ça ne déstabilise pas l’équipe dans son jeu ?

Non, au contraire ! Les joueurs n’étaient pas sûrs de notre choix au départ. C’est vrai que ça ressemble à un gros coup de poker, mais au final, ils ont vite été convaincus.

En deux jours, les doutes s’étaient envolés quand on voyait nos performances en scrim. Le fait de réussir à communiquer en jeu, c’était le principal, et de ce côté, il n’y a aucun souci.

Il devait être stressé sur cette finale de compétition comme entrée en matière ?

Il ne le montrait pas. Après les matchs, il disait qu’il était nerveux, mais ça s’est très bien passé. Cela dit, il n’y avait pas de public, donc le contexte est différent d’une scène classique. On verra sa réaction et comment il s’adapte sur une grosse LAN lors d’une finale avec de vraies personnes en face de lui. Ce serait une belle expérience à prendre.

Parlons un peu de la LFL. Avant d’entrer dans le détail, quel ressenti as-tu sur ce premier split globalement ?

Je suis plutôt satisfait ! Je regrette simplement le manque de public lors des phases offline. Je trouve que l’endroit choisi n’est pas adéquat. Il faut absolument que les fans puissent venir nous voir pour créer un attachement plus tangible avec la communauté.

Les joueurs sont accessibles avant les matchs, par exemple. On pourrait également imaginer des interactions après les rencontres. Hormis ce détail, le format est bon, pareil pour les playoffs, mais d’un côté, on est premiers, donc forcément, ça nous avantage. Je trouve ça logique qu’une équipe qui écrase ses adversaires pendant 2 mois soit en finale et directement qualifiée pour les EU Masters. Ça récompense notre travail.

C’est un format adopté dans différentes compétitions, notamment en Corée. Justement, tu en viens aux équipes. Vous avez perdu seulement contre MCES et Vitality.Bee, puis une game en finale face à Misfits Premier. Hormis ROG Esport, que tout le monde voyait plus bas, il n’y a pas eu trop de surprises. Que penses-tu du niveau général de la LFL ?

Je trouve que c’est bien. Il y a 4 équipes avec un niveau équivalent, que ce soit du côté de ROG, Misfits Premier, Vitality.Bee ou GamersOrigin. D’ailleurs, même aAa sort du lot et réussit à faire une bonne saison. On ne les attendait pas là.

Après, c’est sûr qu’on reste un niveau au-dessus, mais ce que j’aime, c’est qu’on voit un classement qui n’est pas prédéfini à l’avance au-delà de la première place. Personne ne pouvait prédire qui allait être dans le top 3 ou voir que ROG Esport allait se positionner aussi haut. Ce n’était pas le cas en Open Tour où tu savais d’avance qui allait être sur le podium.

Au final, ma seule déception reste la performance de Vitality.Bee, mais c’est ça qui rend la compétition intéressante ! Il y a eu des surprises.

Tu attendais Vitality.Bee plus haut ?

Je pensais les voir arriver en finale personnellement.

Leurs dernières performances étaient prometteuses pourtant !

Oui, ils jouaient plutôt bien, surtout au niveau de leur macro. Donc effectivement, c’est surprenant.

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Malgré de fortes attentes, Vitality.Bee ne parvient pas à se hisser en finale du premier split de la LFL. Crédits : Team Vitality

Au départ de la LFL, tout le monde se posait des questions sur l’audience et son attractivité. Tu ne penses pas que la suprématie d’LDLC puisse être un problème si elle continue à être aussi forte ? Ça enlève un peu de surprises à la compétition.

Je ne pense pas que ça soit un problème. C’est pareil en Pologne avec Rogue Academy, même s’ils ont perdu plus de parties, ils ont largement dominé la ligue. Sauf en finale, où ils passent tout près de la défaite.

Au contraire, ça pousse les équipes à se dépasser, que ça soit auprès des joueurs ou de leur communication. Ils se donnent tous. On peut se dire la même chose en LEC avec Fnatic ou G2 tous les ans.

Cette année, la LEC est tout de même plus disputée.

Oui, c’est vrai, c’est un peu différent, mais tous les rosters sont bons, et les plus petites équipes rattrapent l’écart petit à petit, que ça soit sur le niveau des joueurs, l’encadrement, etc.

Vous avez mis de gros moyens pour attirer des joueurs comme Djoko et Steeelback j’imagine, peut-être que ça peut forcer les équipes à fournir plus d’efforts, notamment financiers, pour vous rattraper ?

Je ne peux pas révéler notre budget, mais je pense qu’il est similaire à toutes les autres équipes, que ce soit Vitality ou Misfits. On a réussi à être plus attrayant, et pas forcément sur l’aspect financier, mais avec le staff en globalité.

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Le nom joue aussi, forcément. Tu as davantage envie d’aller chez LDLC que MCES qui vient d’arriver et que tu ne connais pas, pourtant, ça reste une excellente structure, et je pense qu’ils vont monter avec le temps. Mais pour le départ, si tu as le choix, tu choisis naturellement LDLC.

La présence d’une personne comme YellowStar joue peut-être aussi ?

Bien sûr ! Il a une belle expérience, des contacts et ils rassurent les joueurs avec son passif.

Concernant la LFL, tu revenais sur le format ou le manque de public, notamment via l’arena de Webedia. Tu avais des attentes précises à l’annonce de la LFL ? Comme un lieu physique plus conséquent où les fans peuvent se rendre ?

Oui, je pensais qu’on aurait ça, mais la solution prise n’est pas mauvaise par rapport aux conditions actuelles. Cela dit, je pense que ce serait pas mal de rajouter une semaine, durant le milieu du split, en offline, pour que les joueurs puissent acquérir de l’expérience « on-stage ».

Après ça, je ne vois pas ce qu’on peut améliorer. C’était bien comme ça, car c’est fatigant les déplacements sur le long terme. On habite à 45mn-1h de Webedia, et comme tu dois venir en avance, ta journée est vite bouclée.

Tu te lèves le matin, tu ne joues pas forcément, car tu pars directement après manger. Une fois sur place, tu dois tout préparer et faire des photos donc tout ton temps est pris, et c’est fatigant pour les joueurs.

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L’arena de Webedia, utilisée pour organiser les phases offline de la LFL n’est peut-être pas l’endroit idéal pour l’évolution de la compétition. Crédits : Riot Games / Webedia

Les gens ont eu du mal à accepter ce format online au départ, mais pour débuter, je pense que c’était un bon compromis. J’imagine que LDLC ou les autres équipes vont devoir s’adapter si le format tend à évoluer sur des rencontres exclusivement sur un lieu physique.

Oui, MCES est à Marseille, pour eux, ça risque d’être plus difficile déjà, surtout que nos matchs s’organisent sur 2 journées consécutives.

J’aimerais revenir sur LDLC. Comment s’est passé ce split en interne ? Quel est votre rythme au quotidien ?

En général, on se lève vers 10h-10h30 pour aller à la gym avec les joueurs qui le souhaitent. On a pas mal de volontaires, que ce soit chez les joueurs ou dans le staff, donc c’est plaisant. Dans l’après-midi, on s’entraîne en faisant 4 ou 5 games contre d’autres équipes et le soir, c’est temps libre pour tout le monde. Parfois, on fait de grosses sorties, mais elles restent limitées. Je dirais environ 1 fois par mois.

Vous vous entraînez combien de jours par semaine ?

Notre seul jour off, c’est le dimanche. Les jours de matchs officiels, le rythme est allégé, et on s’entraîne en faisant 2 games de scrim juste avant. On adapte également en fonction de la fatigue des joueurs. Ça arrive qu’on leur donne des jours de repos supplémentaires s’ils en ressentent le besoin.

Vous faites vos scrims contre les équipes LFL ou d’autres nationalités ?

On ne scrim jamais les équipes LFL. On joue exclusivement contre le top 2 polonais, turque, allemand et espagnol. Il nous arrive régulièrement de jouer contre des teams LEC, tout spécialement ROGUE et Splyce.

Intéressant ça ! J’ai interviewé Duke la saison passée et il me disait s’entraîner exclusivement contre des équipes en LEC. Ça veut dire qu’ils s’ouvrent un peu et acceptent de s’entraîner contre des équipes de divisions inférieures.

Oui, on a réussi à négocier un premier scrim avec lui, car on le connaissait déjà. Au final, ça s’était bien passé et il considérait que c’était un bon entraînement pour ses joueurs.

On doit jouer environ une fois par semaine contre eux.

Ils vous arrivent de gagner ?

Oui, on gagne régulièrement, mais pas la majorité des rencontres.

Ça me permet de rebondir sur les EU Masters ! Avec votre victoire en LFL, vous avez le seed 1. Vous jouez pas mal contre des équipes comme Splyce Vipers j’imagine ?

Oui, MAD Lions aussi, mais un peu moins Splyce. On a pu les jouer au début du split. On pensait qu’ils étaient bons, mais en fait, c’était tout l’inverse. Cependant, ils commencent à être chauds, donc on va les rejouer prochainement.

Vous surveillez forcément le niveau de toutes les équipes voisines présentes à l’EU Masters ?

On les connait, mais pas forcément toutes dans le détail. Celles qui viennent des pays de l’Est notamment, en dehors de la Pologne.

Même si vous manquez de visibilité, j’imagine que vous visez la gagne ? Vous pensez avoir de grandes chances d’aller au bout ?

Complètement. Je pense que Rogue Academy peut être forte, peut-être Splyce Vipers aussi, mais je n’en suis pas si sûr. Ils ont eu du mal contre l’équipe sœur d’Origen, et ça reste des 3-2 à chaque fois.

Ça ne nous arrive pas. Eux ils galèrent et perdent des parties sans raison alors qu’ils sont favoris. Nous, on est plus stables et on se fait moins surprendre. Je pense qu’on va gagner les EU Masters.

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Lounet s’habitue à gagner des trophées cette saison, et il vise celui des EU Masters. Crédits : Gwendolyne Grimeau / aAa / Lounet

Au lancement de ces différentes ligues, je me suis intéressé aux équipes sœurs des structures présentes en LEC, comme Fnatic, Splyce, ou ROGUE. Je pensais vraiment que leur niveau allait être supérieur à une organisation comme LDLC qui n’a pas cette chance, et finalement, ce n’est pas si vrai.

Ça aide. Et c’est pour ça que toutes ces équipes se sont améliorées au fil de la saison. Les équipes académies étaient vraiment faibles au début du split. Au final, elles montrent un meilleur visage aujourd’hui, que ce soit des équipes comme Splyce ou Misfits, par exemple.

Même Vitality.Bee, ils ont bien commencé, mais on sentait que c’était brouillon. Ils perdaient une partie sur deux contre des équipes moins fortes sur le papier. À la fin, ils sont devenus plus solides, mais je ne sais pas pourquoi, ils ont choke contre Misfits. Ça arrive, mais ce n’est pas terrible.

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Avoir le soutien d’une grosse structure en LEC, ça aide, c’est clair. Tu peux t’entraîner plus facilement contre de meilleurs joueurs, ils peuvent avoir accès aux replays des scrims des games entre équipes LEC, etc.

Vous n’avez pas cette chance, mais vous avez quand même deux anciens joueurs de LEC. J’imagine que c’est un support non négligeable quand on démarre une nouvelle compétition ?

Oui, ils ont surtout apporté une expérience sur le shotcall et le lead in-game. Ils savent aussi très bien réagir durant les briefs ou les reviews de game. Ils ont une analyse plus fine que les autres joueurs.

Pendant mon interview avec Duke, celui-ci m’indiquait que le management des joueurs diffère que tu sois chez Fnatic ou Splyce. Notamment avec le palmarès des joueurs. Là où Fnatic doit gérer davantage des guerres d’ego, Splyce se concentre à développer plus sportivement ses joueurs, même si ça doit être moins vrai aujourd’hui. Quand vous avez annoncé Djoko et Steeelback, je me suis dit que ta tâche n’allait pas être simple avec des joueurs qui ne demandent qu’à se développer et d’autres, plus expérimentés, qui possèdent différents objectifs. J’imagine que l’envie première de Djoko et Steeelback, c’est de retourner en LEC. Vous avez des discussions autour de ça ?

Les joueurs seront libres d’aller en LEC en novembre. Les ligues nationales sont basées sur le même rythme pour éviter tout blocage, donc s’ils ont des offres, c’est probable. Mais en inter-split, ils ne partent pas.

Depuis le début du split, ce sont eux qui ont mis le plus d’ambiance, que ce soit sur Twitter ou dans leurs différentes interviews. Ils utilisent un style de communication qu’on voit rarement auprès des joueurs, et notamment en France. Tu peux nous expliquer comment cette décision s’est prise ? C’est une envie d’LDLC ou c’est venu naturellement de leur part ?

Quand ils sont arrivés, ils nous ont proposé de partir sur un ton un peu plus provocateur. L’idée a plu et nous avons accepté, mais nous avons aussi posé un cadre à respecter. On a la même vision des choses de ce point de vue, du coup, ils se lâchent. C’est exactement ce qu’on voulait, donc ça a matché.

De ce qu’on peut voir sur Twitter, ça permet de prendre plus facilement la parole et d’engager de nombreuses conversations. Il y a aussi pas mal de fans qui trouvent cette attitude détestable. C’est peut-être dommage que ces derniers ne comprennent pas cette envie de jouer un personnage. Tu penses que ça peut porter préjudice à l’équipe ?

On ne pense pas. Ce ne sont pas des fans de LDLC qui disent ça, donc ça ne nous pose pas de problèmes.

Djoko et Steeelback veulent faire parler d’eux, et ce n’est pas comme s’ils étaient toxiques ou qu’ils faisaient quelque chose de punissable. C’est simplement pour faire le show et ils ont le droit de le faire. Il y a plus de personnes qui aiment leurs prises de paroles que l’inverse, mais dans tous les cas, quand tu sors de l’ordinaire, les gens te crachent dessus.

Je trouve ça agréable d’avoir des joueurs qui prennent la parole comme ils le font. Ça permet de montrer aux autres qu’il est intéressant d’être moins lisses, que ce soit des joueurs ou même des structures. Ça apporte une nouvelle dimension au spectacle.

Il faut que chacun rentre dans le jeu. Qu’ils gagnent ou qu’ils perdent, ce n’est pas un problème. Dan Dan la fait, et il savait très bien que ses chances de victoires étaient faibles, pourtant, il ne s’est pas privé de mettre son petit tweet provocateur pour dire qu’on était les prochains sur la liste. Il a pris position. Même les structures devraient utiliser ça, c’est de la communication gratuite pour eux.

Cette prise de conscience pourrait même être un tournant sur le style de communication des structures et leur montrer qu’elles peuvent se lâcher un peu plus. Jusqu’aujourd’hui, on avait des dramas, mais ce n’était pas pour l’Entertainment, c’était plus négatif et toxique. Ce que font Djoko et Steeelback, c’est gentillet et ça permet d’animer la compétition. Même les équipes LEC commencent à entrer sur ce terrain.

Oui, ça change, surtout comparé à avant où les joueurs s’insultaient constamment. Le seul but, c’est de faire marrer les gens.

Pour le second split de la LFL, quelles sont tes attentes ?

Je le répète, mais j’aimerais vraiment que ça soit ouvert au public et qu’on puisse interagir avec le public. C’est le seul gros défaut du format actuel.

LDLC partit pour gagner aussi le second segment de saison ?

Oui ! [Rires].

On ne sait jamais, s’il y a des changements dans les équipes ! Mais si tout reste en l’état, je ne vois pas qui pourrait nous battre.

Merci à toi Lounet !

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Mon interview de Lounet touche à sa fin !

Ce fut un réel plaisir d’échanger avec lui sur ces différents sujets. Il est clair que la confiance d’LDLC reste intacte avant d’aborder les EU Masters.

Avant de nous quitter, voici 6 leçons à retenir de cet échange :

  • Team LDLC a prouvé, sans faiblir, qu’elle se positionne comme l’équipe à battre hors LEC. Ça veut dire une seule chose : tous les joueurs qui croiseront leur route vont vouloir se dépasser pour mettre fin à cette domination outrageante. Et c’est une bonne chose pour le spectacle.
  • Lounet semble satisfait des performances actuelles de la LFL. Que ce soit dans son format ou son déroulé, il ne voit aucune amélioration court-terme à apporter. Son seul regret réside dans le manque d’interaction possible avec les fans lors des matchs offline, qu’il aimerait voir s’organiser plus souvent. Cependant, Riot Games, Webedia & O’Gaming doivent sûrement travailler en ce sens (en tout cas, on l’espère). Ce n’est donc plus qu’une question de temps.
  • Même si LDLC annihile le suspens de ses rencontres, le niveau affiché par l’ensemble des équipes semble encourageant. Comme l’indique Lounet, cela permet d’apporter quelques surprises, comme notamment, ROG Esport ou aAa.
  • LDLC reste confiante dans ses chances de victoires lors des EU Masters, mais aussi lors du prochain split. Devons-nous attendre la saison prochaine et l’arrivée de 2 nouvelles équipes pour inquiéter Lounet et les siens ?
  • HiRit, le nouveau Toplaner d’LDLC, va tout casser (ça, c’est juste moi qui le dis).
  • Et enfin, malgré toutes les conversations que cela peut emporter, la communication de Djoko et Steeelback font du bien à la scène esport française, et intègre avec elle, une notion de spectacle qui dépasse, enfin, le cadre du jeu.

J’espère que l’interview vous a plu ! N’hésitez pas à venir discuter dans les commentaires ou sur Twitter et nous dire ce que vous en pensez.

Vous pouvez suivre Lounet et Team LDLC sur Twitter. Abonnez-vous également sur celui d’Esport insights pour être sûr de ne manquer aucun de nos prochains contenus ! En attendant, on vous dit à très vite !

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