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Namax : « Une équipe qui n’est pas à The International n’existe pas sur Dota 2 »

Par Lenaic Leroy
Namax FroggedTV Dota 2

Êtes-vous joueur de Dota 2 ? Vous avez peut-être la chance de faire partie de cette communauté ô combien spéciale !

Vous êtes peut-être même membre du cercle très fermé des joueurs issus de DotA ayant migré sur le second opus en 2011. Grand bien vous en fasse ! Vous avez la chance d’avoir participé à l’une des plus grandes épopées de l’histoire de l’esport.

Pour ma part, DotA ne se limite qu’à son deuxième opus, lors de très courte session de jeu ou Windranger est parvenue à me tuer avant même que je la voie sortir du brouillard de guerre.

Face à cette incompréhension, j’ai toujours eu un regard particulier sur Dota 2, ce jeu qui semblait prendre un plaisir tout particulier a moqué mon expérience sur de nombreux MOBA.

Pourtant, l’engouement autour du jeu est bien réel.

Defense of the Ancient dit DotA est sortie en 2003 comme un mod de jeu de Warcraft III. Depuis, les joueurs s’arrachent le titre et son succès n’a pas d’égal dans le temps chez les MOBA, puisqu’il s’agit de la seule licence avec Counter-Strike qui parvient à traverser les âges avec autant d’aisance.

Depuis deux ans maintenant, la passion qui semble animer la communauté de Dota 2 dépasse celle-ci pour toucher tous les fans d’esport en France.

La raison est simple et revient toujours en bouche dès que l’on parle de la scène esportive de Dota 2 : The International.

Le plus grand tournoi esportif annuel revient à chaque fois pour battre de nouveau record et faire frissonner tout à chacun avec un cashprize toujours plus phénoménal.

Depuis deux ans, le suspense est insoutenable. En cause, OG, l’équipe détentrice du titre en 2018 est parvenue à réitérer l’exploit, devenant ainsi la première équipe de l’histoire à remporter deux The International, en plus d’être consécutifs.

Cocorico, cet exploit est d’autant plus notable pour le french touche puisqu’un joueur de l’équipe n’est autre que Ceb, vétéran de DotA en France et précédemment coach de l’équipe, aujourd’hui remplacé par le français sockshka.

Ces deux figures redonnent des couleurs à la communauté française qui n’avait pas autant de chance jusqu’ici il faut le dire.

Pour faire un petit point histoire, Dota 2, ce n’est pas vraiment le jeu qui fait vibrer la majorité des joueurs français.

Victime d’une communication lacunaire, le jeu a été éclipsé par son concurrent en pleine ascension, League of Legends.

Même si l’héritage de DotA a apporté beaucoup à la communauté, il faut reconnaître qu’il était difficile de voir des lan en France, prête à accueillir du Dota 2.

Cependant, il paraît assez clair aujourd’hui qu’un renversement de situation a eu lieu.

Certains prédisaient la mort du MOBA avec les battles royals et tout particulièrement Fortnite, mais que ce soit pour le jeu de Riot Games ou de Valve, le public est toujours au rendez-vous.

En plus de The International, les majors de Dota 2 semblent attirer de plus en plus de spectateurs et la communauté de Dota 2 s’accroît toujours un peu plus.

On a eu la chance de le voir en France en mai avec le MLD tenu à Disneyland Paris.

Mais hors des compétitions, Dota 2 est visible dans un endroit en particulier : la FroggedTV.

Si vous n’êtes pas encore familier avec la FroggedTV, il est temps pour vous d’en faire la connaissance plus en détail.

Il s’agit de la seule chaîne de streaming coopérative qui propose aujourd’hui du contenu sur Dota 2, que ce soit sous forme d’émission, de cast et d’organisation de compétitions.

Autant vous dire qu’en France, Dota 2, c’est principalement la FroggedTV.

Étant particulièrement ignorant de ce que Dota 2 était dans ses nombreuses aspérités, j’ai fait le lien avec la FroggedTV et eu la chance de rencontrer Maxime « Namax » Chavalle pour réaliser cet article.

Avec son aide, j’ai découvert énormément de choses, que ce soit sur l’évolution de Dota 2 et de sa communauté, la nature des circuits compétitifs et les transformations qu’ils connaissent aujourd’hui ou encore le travail de la FroggedTV pour apporter à la communauté sa dose de DotA quotidienne.

Notre échange a été très riche et peu informel, mais je remercie grandement Namax d’avoir pris la peine d’expliquer à l’aficionado que je suis les ficelles du secteur pour m’éviter la honte au prochain TI.

J’espère que vous prendrez autant de plaisir à lire cette interview que je n’en ai eu à la réaliser. Nous nous retrouvons à la suite de cet article pour revenir sur les principaux éléments marquants de cette histoire en trois temps.

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Salut Namax, merci de venir parler un peu du très grand univers qu’est Dota 2 et de la FroggedTV. Avant de sauter dans le grand bain, parle-moi un peu de toi et du chemin que tu as déjà parcouru.

Je m’appelle Namax, Maxime de mon prénom. J’ai 29 ans, bientôt 30 et je joue à DotA depuis que j’ai 17 ans.

À l’époque, Dota 2 n’existait pas, j’étais sur Dota 1, la transition s’est faite rapidement par la suite.

J’ai commencé le jeu vidéo et DotA un peu par hasard. Je jouais déjà à quelques jeux PC, mais aucun n’en ligne comme Counter-Strike ou Warcraft III par exemple.

J’étais venu chercher un pote dans un cyber-café. Ils leurs manquaient un 5e pour une partie de DotA, j’ai accepté et depuis je n’ai jamais décroché du jeu.

J’aimais beaucoup DotA et je voulais pouvoir faire des choses à plusieurs avec le jeu comme base.

C’est dans cette optique que j’ai travaillé chez DotA.fr sur la Argh league, en écrivant des news, en apportant quelques coups de main par-ci par là.

J’ai continué ce même travailler à la sortie de Dota 2 pour le successeur de la Argh league, Dota 2 Europe puis Dota 2 Bourbier, pour qui j’étais un des responsables du site, administrateur de la league et rédacteur.

Comme beaucoup, j’occupais de diverses casquettes comme on le voyait beaucoup sur la scène esportive.

J’ai aidé Dach et Maxildan lorsqu’ils ont lancé leur guide au début de Dota 2. À l’époque, le travail que j’ai fait avec eux était en concurrence avec les productions de la FroggedTV.

J’ai finalement mis tout mon travail entre parenthèses pendant 2-3 ans, de 2013 à 2016, le temps de terminer mes études d’infirmier.

Une fois celle-ci terminée, j’ai fait mes premiers rapprochements avec la FroggedTV, car c’était déjà la structure principale qui essayait de faire quelque chose sur Dota 2 en France.

J’étais d’abord streamer puis caster. Aujourd’hui, on peut dire que je l’homme à tout faire, le project manager si l’on veut faire un peu plus tendance *rire*.

Aujourd’hui je gère principalement la communication, les sponsors et échanges extérieurs, la planification de la TV, des streams et des casts.

Je bosse énormément pour que tout se passe bien sur la FroggedTV et pour la communauté Dota 2 en France.

Pour avoir une idée, la FroggedTV, c’est combien de personnes actives au sein du projet ?

C’est très compliqué à chiffrer avec les bénévoles et les gens qui gravitent autour. Nous sommes 8 membres au cœur du dispositif et qui prennent la majorité des décisions.

Enfin dans notre activité au quotidien, on compte sur le Slack environ 98 personnes qui travaillent sur le projet.

Au sein de ces personnes, on trouve des streamers, des casters, co-casters, des graphistes, des community managers, des rédacteurs, des animateurs de la TV secondaire, des animateurs de league…

Dans ces 98 personnes, une trentaine d’entre eux composent le groupe le plus actif de la FroggedTV.

Dota 2, c’est un des jeux esport les plus joués dans le monde. Tu peux revenir sur son évolution et sa situation générale ?

C’est compliqué d’expliquer sa place dans le monde sans parler de la situation de Valve et de leurs mécaniques de communication.

Pour n’importe lequel de leurs jeux, ils appliquent la même politique et ne font rien. Ce choix à des avantages et des problèmes évidents.

Dota 2 est un jeu arrivé sur un créneau un peu bizarre en France et dans de nombreux pays du monde.

Aujourd’hui, Dota 2 est très populaire en Russie, en Chine et plus généralement dans l’Asie du Sud-est pour ne citer que les trois plus importantes régions. Dota était déjà très joué dans ces régions à l’arrivée du deuxième titre.

À la sortie du jeu, les joueurs ne pouvaient pas jouer y jouer, car ils n’avaient pas à disposition des machines suffisamment puissantes. C’était le même problème pour League of Legends qui possédait les mêmes composants minimums.

En conséquence, énormément de joueurs sont restés sur DotA pour continuer de jouer jusqu’à l’acquisition d’une machine suffisamment puissante. Faire la transition sur Dota 2 était évidente puisque ces joueurs étaient depuis des années sur la licence.

C’est une situation totalement différente à l’occident ou de nombreux joueurs cherchaient un nouveau MOBA pour remplacer DotA au moment ou League of Legends, mais aussi Heroes of Newerth entraient sur le marché.

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Les membres de la FroggedTV sont les piliers de la communauté sur Dota 2 en France. Que ce soit leurs émissions, cast ou leur propre compétition, ils sont toujours actifs pour donner à la communauté ce qu’elle désire. Crédit : FroggedTV.

À l’époque, les créateurs de League of Legends ont fait quelque chose que Valve n’a jamais fait : de la pub pour leur jeu.

Je me rappel à l’époque, dans le fascicule de jeu vidéo que j’achetais au marchand de journaux, je trouvais déjà des pubs pour League of Legends. Ce genre de communication n’est jamais et n’arrive toujours pas de la part de Valve.

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Le seul ambassadeur et le meilleur qui est mis en avant, c’est The International.

Il n’existe aucune communication comparable à celle des concurrents comme Blizzard ou Riot chez Valve. C’est ce manque qui a permis à des jeux comme League of Legends de prendre une place que prenait DotA jusqu’ici dans la communauté.

Le lancement de Dota 2 est difficile en France malgré les racines profondes héritées de Dota. Comment étaient ces premières années en France alors que League of Legends à accaparer le marché ?

C’était assez difficile, mais d’un autre côté, il y avait un vivier de core player encore très présent. Il s’agissait principalement de tous les vétérans de DotA qui ont fait la transition sur Dota 2.

Aujourd’hui on parle beaucoup de OG pour la victoire de l’équipe à TI8 et TI9 et qui comprend un joueur et un coach français. Il ne faut cependant pas oublier que lors de TI1 et TI2, nous avions une équipe presque entièrement française et lors de TI3, Ceb était déjà présent lors des Wilds card.

Il y avait déjà à l’époque un background compétitif et des joueurs français de haut niveau.

J’étais moins impliqué dans le jeu, mais j’ai eu l’impression que le plus difficile pour la communauté a été la période de renouvellement des joueurs.

Tous les joueurs qui étaient compétitif sur DotA puis Dota 2 ont vieilli et beaucoup se sont retirés de la scène esportive. Il a été très difficile de renouveler cette manne de joueur en France alors que la majorité des nouveaux arrivants étaient sur League of Legends.

Nous sommes toujours très contents de voir des nouveaux joueurs jeunes s’investir sur le jeu. C’était beaucoup plus difficile il y a quelques années, mais désormais on trouve une certaine stabilité.

Je me demande peut être si le manque d’identité du jeu, plus particulièrement des personnages, explique la distance entre un nouveau joueur et son avatar et en conséquence avec le jeu.

Du côté de League of Legends, il y a un lore dense mis à disposition pour que le joueur capture toute la puissance de son champion et se sente investi de cette force.

Je ne sais pas trop… Personnellement j’étais lié au lore de Blizzard dont découle celui de DotA. De ce fait, je n’ai pas eu trop de difficulté à m’attacher aux personnages.

En effet, pour un nouveau joueur qui ne connaît pas toute cette base, il est beaucoup plus difficile de s’identifier aux différents personnages.

C’est quelque chose qui revient encore une fois à la question de la communication chez Valve alors que Riot Games est une véritable machine de production.

Moi-même, lorsque j’ai joué à Heroes of the Storm, je ne connaissais que l’univers de Warcraft. J’ai immédiatement essayé ces personnages en priorité, aux dépens d’univers comme Starcraft II que je connais assez peu.

Les contenus annexes comme les vidéos de Riot sont aussi une manière de faire revenir les joueurs qui prennent de la distance avec le jeu.

Les sorties de personnages sont très importantes pour Dota 2, car les joueurs vont pouvoir reconnaître une unité issue de Blizzard, des codes visuels qui permettent de se réapproprier le lore tout en ramenant les joueurs au sein de la communauté.

C’est aussi difficile de vendre l’expérience Dota 2 à de nouveaux joueurs, car comme Starcraft II, le jeu bénéficie et souffre de sa réputation élitiste.

Moi-même, j’ai essayé de nombreuses fois de me mettre au jeu sans succès, car la marge d’évolution entre un néophyte et un joueur expérimenté est beaucoup plus rapidement atteinte que dans un MOBA comme League of Legends.

Il y a un certain élitisme qui existe et qui est validé par la communauté. Trop souvent, on voit des membres de la communauté décriée le niveau des joueurs issus de League of Legends.

Cet élitisme est une force et une faiblesse en effet. Dota 2 se profile comme le meilleur jeu esport dans sa catégorie, car il possède une richesse et une complexité qu’aucun autre ne propose.

Cette richesse représente un frein énorme pour quiconque voudrait se lancer sur Dota 2 aujourd’hui. Il y a énormément d’informations à apprendre, le tutoriel du jeu est beaucoup trop lacunaire et les joueurs dépendent énormément des ressources communautaires.

Valve fait en sorte d’apporter des moyens aux nouveaux joueurs, à travers des indications visuelles par exemple. Ces ajouts arrivent progressivement, mais ils sont insuffisants pour couvrir l’intégralité des mécaniques du jeu.

J’ai appris beaucoup plus sur le jeu grâce à des pages wiki non officielles que par les moyens mis à disposition par Valve.

Très souvent, on a encore recours à des ressources extérieures, car dans chaque compétence se trouvent des effets cachés dont on ne comprend pas encore toutes les aspérités.

On a beau avoir 15 ans d’expérience de cast sur le jeu, il arrive régulièrement que l’on soit dans l’impasse, forcé de faire des sessions de test.

Cette liberté est assez inhérente à Valve qui garde toujours de bonnes distances avec ces productions, permettant à la communauté d’être maîtresse de son contenu.

On le voit dans leur façon d’agrémenter leur vision de l’esport. Que ce soit le cashprize de The International, l’organisation de compétition viennent de la communauté.

Les principaux organisateurs sont des institutions privées comme ESL, qui travaillent en lien avec la communauté.

Il y a des désavantages, la communauté peut parfois se sentir perdue. C’est vrai que c’est rassurant d’avoir un papa rassurant qui lui montre que certains comportements ne sont pas acceptés sur le jeu ou des idées du développement du jeu.

D’un autre côté, cela permet d’avoir le plus gros cashprize, une liberté de création ou l’organisation de tournoi sans aucune contrainte.

Je vois Riot et Blizzard comme des mamans parfois trop protectrices, tandis que Valve paraît être le papa laxiste qui laisse ses enfants faire tout ce qu’ils veulent.

J’aimerais en savoir plus sur l’organisation de l’esport sur Dota 2. De ce que j’ai compris, il y a eu pas mal de changements dans les formats surtout ces dernières années. Tu peux m’aider à clarifier tout ça ?

L’évolution de l’esport sur Dota 2 est arrivée étrangement. Le mieux serait de reprendre du départ en 2011, Valve annonce son jeu, la suite de DotA et un tournoi avec à la clé un million de dollars.

À l’époque, cela n’existait pas, c’était impossible alors que les gros tournois proposaient quelques dizaines de milliers de dollars.

Le chiffre semblait tellement irréel que certaines grosses équipes ne se sont pas inscrites à The International.

Derrière ça, le jeu a évolué, The International étant toujours le point d’orgue du calendrier. L’esport se structurait de plus en plus, des circuits ont émergé, car il ne pouvait pas y avoir que The International.

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Les membres de la FroggedTV étaient aux commandes du cast du MLD Disneyland, permettant à toute l’équipe d’être au contact des professionnels comme de la communauté. Crédit : FroggedTV

La disparité entre l’événement qui permettait de faire vivre une équipe presque à vie et le reste du circuit était beaucoup trop importante.

Les joueurs professionnels ne pouvaient pas vivre de leur performance sur Dota 2 sans remporter The International.

Dans un premier temps, Valve a mis en place des majors, 3 par ans. Ces événements n’avaient pas de sens, ils ne permettaient aucune qualification, même si une année OG a remporté les 3, leur invitation a The International faisait sens, mais il n’y avait aucune garantie.

Au bout de deux ans, ils ont décidé de mettre un système qualificatif en place. De manière très simple, des minors permettaient d’accéder aux majors, qui permettaient de se qualifier à The International.

11 Minors et 11 majors ont été imposés aux équipes par an. C’est énorme et invivable pour les équipes. Les équipes devaient jouer un tournoi de plus d’une semaine tous les mois, en subissant des fuseaux horaires différents.

Les équipes qui étaient entre deux niveaux étaient amenées à jouer tous les qualifiers pour faire valoir leur place, c’était impossible de distinguer quoi que ce soit. La préparation des tournois et la vie des joueurs étaient catastrophiques.

Il y a deux ans, Valve a donc réduit le nombre de majors. La décision a été très bien accueillie. Désormais, il s’agissait de faire 5 minors et 5 majors par an et The International. Ces événements octroyaient un nombre de points, les DPC.

À la fin de l’année, on faisait le total des points de chaque équipe, les 12 meilleures équipes étaient directement qualifiées à The International, les 6 autres passaient par des qualifiers classiques.

C’était plus propre, mais on trouvait pas mal de plaintes de la part des joueurs. Les qualifiers des minors et des majeurs étaient séparés et les équipes qui étaient en dessous du top devaient jouer comme ceci :les qualifiers du major, en cas de perte, jouer ceux du minor, en cas de victoire, jouer le minor et si victoire, jouer le major.

Le planning restait beaucoup trop complexe pour de très nombreuses équipes. Je pense notamment à la finale de la MDL à Disney.

Un gagnant de Team Secret soulève la coupe, il répond à une interview après avoir remporté l’un des cinq plus gros événements esport et 350 000 $ :”

-qu’est-ce que tu vas faire la semaine prochaine ?

– je joue les prochains qualifiers dans trois jours.”

Son équipe avait beau être qualifiée, il fallait en passer par là. De nombreuses équipes ne peuvent pas s’en passer et l’objectif final pour toutes les équipes, c’est The International.

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Une équipe qui n’a pas assez de DPC, c’est une équipe qui ne va pas a The International, soit une équipe qui n’existe pas sur Dota 2.

Le système est particulièrement difficile même s’il tend à être de plus en plus équilibré.

Après, la force de Valve et de Dota 2 est de pouvoir créer de beaux retournements de situations.

Le meilleur exemple, celui d’OG pour TI8. Ils n’avaient pas de DPC, mais le système n’est pas fermé comme dans une franchise. Tout se joue au mérite.

À trois semaines des qualifiers de The International, ils sont trois et font appel à deux joueurs, un retraité et un joueur sans expérience compétitive pour tenter le tout pour le tout.

Contre 1024 équipes, OG va jusqu’au bout et finit par remporter The International. C’est une histoire que l’on ne peut voir nulle part ailleurs que sur Dota 2.

Pour l’année qui arrive, Valve a décidé de regrouper les qualifiers des minors et des majors, cela donnera le temps aux équipes de préparer les compétitions et de ne pas se précipiter d’une région à une autre.

C’est une richesse inestimable d’avoir un circuit compétitif aussi ouvert ou seule la pratique prône sur l’argent que peut représenter la scène sportive.

Aujourd’hui, prétendre rejoindre une grande scène compétitive sans avoir des moyens financiers avoisinant plusieurs millions de dollars, c’est impossible sur tous les jeux majeurs de la discipline.

C’est pour ça que je ne me vois pas caster quoi que ce soit d’autre que Dota 2. Cette fermeture des portes aux équipes, c’est des histoires manquées comme celle d’OG.

Leur épopée a révolutionné la scène et il y a de quoi en faire un film. Il à plus ou moins été fait avec le documentaire annuel de The International, True Sight.

On part d’une trahison de deux joueurs, une équipe démunie, pour gagner tout juste 1 mois plus tard The International et 11 millions de dollars.

La seule règle sur Dota 2 est simple, si t’es bon tu parviendras à tirer ton épingle du jeu. Il n’y a pas de question de budget ou de sponsor. Même si le joueur n’est présent que depuis quatre ans ou qu’il a grimpé petit à petit chaque échelon jusqu’à la, tout ce qui compte c’est le niveau de jeu.

Cela rappelle beaucoup les origines de l’esport. L’histoire des compétitions, des joueurs, était écrite par les actions qu’ils pouvaient entreprendre, pas par des coups de com ou des enjeux marketings qui servent à créer des personnages.

C’est tout ce qui fait la beauté du jeu. Le storytelling des joueurs remonte à tellement loin désormais. Un joueur comme Puppey, star sur DotA, vainqueur du premier TI, top joueur, mais incapable de remporter un TI en huit ans.

Durant toute l’année, il a dominé la scène avec son équipe et le doute était réel sur sa victoire à The International. Il n’a encore pas réussi et tout le monde l’attend au tournant pour la prochaine édition.

Il y a de vraies malédictions sur certains joueurs qui les suivent depuis des années. Toutes les histoires sont authentiques, car elles remontent et viennent essentiellement des joueurs.

On retrouve des conflits entre certaines structures, mais le plus gros vient des joueurs, car l’humain est au centre de l’attention sur Dota 2. C’est lors d’altercations sur les réseaux sociaux, dans les périodes de mercato, que l’on retrouve toute l’humanité de cette scène qui dépend encore beaucoup des faits et gestes de chacun.

Il y a très peu de place pour le storytelling que veut implanter un organisateur de tournoi ou l’éditeur du jeu sur cette scène.

Je te parlais de Puppey, mais il y a aussi N0tail qui jouait avec lui dès l’époque de DotA. En 2018, c’était la première fois qu’il remportait un TI de toute sa carrière.

Il existe sur la scène compétitive depuis près de 15 ans, il n’a jamais réussi à sortir son épingle du jeu depuis ses débuts sur Doa2 et finalement, il gagne coup sur coup deux The International et devient multimillionnaire.

Sans parler d’argent, il travaille depuis presque 20 ans pour atteindre les sommets sur DotA et Dota 2, c’est quelque chose d’incroyable qui est impossible dans le sport traditionnel, mais qui se concrétise sur le jeu.

Sur une aussi longue période, le jeu n’a pas perdu de sa saveur et permet encore aux rêves de gosses que l’on portait à l’époque d’être réalisé.

Revenons sur un événement tout particulier pour toi, le MDL à Disney en mai dernier. En fin d’événement, ton tweet était le suivant :” Le rêve d’une vie qui a été réalisé […] On a réussi à prouver que remplir une salle pour du Dota 2 en France c’était possible ! ”

C’était le premier major en France officiel de l’histoire des majors sur Dota 2. C’était aussi la première fois que de telles équipes étaient sur le territoire depuis l’époque ou Dota 2 était encore présent lors des ESWC, soit 2011-2012.

Depuis la structuration de la scène esportive en 2014, jamais un événement notable n’avait eu lieu en France et c’était pour nous une grande première.

La préparation de l’événement a été avant tout possible grâce à Gozulting qui a fait le lien entre Mars Média et Disney.

La FroggedTV étant le seul regroupement de caster sur Dota 2 en France, nous avons été directement contactés pour prendre en charge le cast.

Personne ne s’attendait à un tel événement en France. Nous nous battons pour faire vivre Dota 2 en France avec des bouts de ficelles et de carton depuis des années. C’était impensable d’avoir la chance d’être les hôtes d’une compétition de cette envergure.

Nous avons accepté avec grand plaisir de travailler sur ce qui était pour tous les membres de la FroggedTV un rêve de gosse.

On est commentateur esportif, mais Dota 2 étant ce qu’il est en France, on reste des amateurs qui cherchent à faire du professionnel.

Pouvoir vivre au quotidien un tournoi de cette envergure, suivre une compétition dont on est fan, vivre avec les joueurs et partager nos repas avec eux, c’était une expérience sans précédent.

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Grand vainqueur du MLD Disneyland, les Team Secret se sont imposés 3-1 contre Team Liquid, remportant ainsi la première. Crédit : MDL

Je pense que pour beaucoup d’entre nous, c’était difficile de réfréner le fan en soi qui rêve de rencontrer les joueurs.

L’expérience était inoubliable et le lien avec la communauté était vraiment exceptionnel. Je crois que jamais nous n’avons vu autant de monde se déplacer pour voir du Dota 2 en France.

Il y a des événements plus conséquents dans le paysage esportif français, mais ça a été un des événements majeurs en termes de spectacle en France.

Nos rencontres avec la communauté ont été très touchantes. Je pense tout particulièrement à une séance de dédicace ou plus de 600 personnes faisaient la queue pour venir voir les membres de la FroggedTV.

Lors de nos va-et-vient dans la salle, nous étions toujours interrompus par des fans qui voulaient une photo ou échanger quelques mots.

C’est une expérience que jamais auparavant nous n’avions vécue, car il était impossible de dépasser la seule barrière de l’internet.

On savait que la communauté française nous soutenait, mais c’était un saut dans le grand bain et sans brassard qui nous attendait.

Cela semble normal étant donné toute l’énergie que vous déployez au sein de la FroggedTV pour partager votre passion de Dota 2 et pour faire en sorte que la scène esportive soit accessible à la communauté française.

Pour tous ces gens, vous êtes aujourd’hui le seul médiateur qui leur permet de suivre tranquillement leur jeu préféré au quotidien.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, on a eu plus de personnes venues voir les membres de la FroggedTV en séance de dédicace que de visiteurs pour les équipes qui étaient sur place.

On ne s’attendait absolument pas à un tel engouement autour de nous et c’était l’accomplissement d’une vie pour beaucoup d’entre nous.

De plus, un major de cette envergure à Disney, c’était quelque chose d’incroyable. Je reste un grand enfant et pour moi, Disneyland Paris est une institution à l’échelle internationale.

Ils avaient déjà montré un certain intérêt pour l’esport en recevant la finale de l’Open Tours 2018 de League of Legends. Néanmoins, leur premier événement international s’est porté sur Dota 2 et ce choix à donner tout son sens à l’événement.

L’engouement de la communauté est d’autant plus fort qu’elle ne peut pas se réunir aussi régulièrement en LAN que ne le peut la communauté de League of Legends ou de Fortnite.

On le voit en France avec L’insaLan lors des différentes éditions, la communauté répond toujours présente. L’âge des joueurs est souvent plus élevé que dans les autres communautés et cela permet une certaine mobilité même si les événements sont assez lointains.

Il y a assez peu d’événements et la communauté répond présente, car elle est consciente qu’il n’y aura pas d’autre occasion pour retrouver tous les autres membres pour partager un tel moment.

Nous avons effleuré le mastodonte de Dota 2 durant toute cette interview sans en parler directement. Comment est-ce que tu caractérises The International ?

C’est difficile, car il s’agit d’un but ultime de toute une année. Que l’on cast les minors ou les majors, on parle de The International. Même pour les premiers événements dans quelques semaines, on va parler encore de The International alors que presque une année nous en sépare.

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Tous les joueurs professionnels tendent à ça et on sait qu’il s’agit d’un véritable feu d’artifice de l’année.

Toutes les histoires, les souvenirs, les plays mythiques proviennent de The International.

C’est très difficile d’aborder son année sans en faire trop vis-à-vis de ce tournoi. Est-ce qu’une équipe comme Newbee qui va performer à son premier major sera encore en forme à The International ?

Il peut y avoir des changements de joueurs entre temps, des transformations importantes dans le jeu qui ne leur permettra pas d’être au top pour la compétition.

Il y a tout un storytelling difficile à construire sur une année. Rien ne compte et rien ne veut rien dire avant The International.

Une fois dans l’événement, il faut réussir à tout construire en deux semaines pour que ce soit la plus belle histoire de l’esport.

Il y a toujours cette incertitude au lancement de The International car ceux qualifiés tôt n’ont pas un niveau similaire sur le patch en vigueur lors de la compétition. Cela laisse beaucoup de place aux rebondissements et rend les pronostics très difficiles, pour un caster, cela doit être un exercice de haute voltige.

On le voit et on en a conscience, il est possible de terminer les phases de groupes de The International et de n’avoir aucune idée des résultats. Certaines équipes dites imbattables vont dégringoler du tableau et certaines autres vont créer la surprise et se retrouver au sommet.

Notre jeu est extrêmement ouvert avec plus d’une centaine de héros. Durant The International 2019, tous les héros ont été pick ou ban, seulement trois d’entre eux n’ont été que ban. Cela laisse une diversité de possibilité en jeu qui est colossale.

On ne se trouve pas cantonné à 20-30 héros qui sont au cœur de la méta. Chaque année, on retrouve des équipes qui font des tentatives, que ce soit des bonnes ou des mauvaises surprises.

On voit parfois des choses qui n’ont jamais existé dans l’histoire de Dota 2. Je pense a Io qui a toujours été joué support, mais que OG a sorti en carry.

Ils ont remporté tous les matchs avec cette composition et des équipes comme Team Secret qui n’avait jamais essayé la tentative, se sont retrouvés a joué Io carry en plein TI.

Des équipes qui tentent des cheeses peuvent transformer la méta du tout au tout en pleine compétition et cette liberté peut être véritablement récompensée.

Pourtant on le voit sur d’autres jeux et dans des compétitions beaucoup moins importantes que The International, les joueurs ne prennent que très peu de risques et tentent d’être originaux uniquement sur des compositions qu’ils ont préparées en amont.

Se dire qu’avec un cashprize de plus de 30 millions de dollars, une équipe est capable de tenter le tout pour le tout sur une improvisation, c’est tout bonnement impensable dans l’écosystème esportif que l’on connaît.

C’est une des beautés de la compétition. Comme il existe encore une certaine latitude sur Dota 2, on voit encore des choses que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans l’esport.

Les joueurs de chez OG ont toujours eu une certaine liberté et ils s’en servent dans leur manière de jouer. Valve laisse un aspect sandbox du jeu et tant que l’on ne dépasse pas les limites, tout est possible.

Sur le taunt, on a vu beaucoup de choses lors du TI8. Ceb, l’ancien coach de l’équipe et joueur lors de la finale, avait quelques feuilles de draft avec lui. Les joueurs chinois s’étaient moqués de ça.

Pour reprendre la moquerie, lors de la finale contre PSG LGD, tous les joueurs d’OG sont venus sur scène avec une rame de papier sous le bras.

Il y avait eu une trahison au sein des membres d’EG et OG. Au départ, OG, c’est une bande de potes avec Fly et N0tail qui sont inséparables. À la veille de The International, Fly quitte l’équipe avec S4 pour rejoindre EG.

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En remportant pour la deuxième fois consécutive The International, OG est devenue la première équipe de l’histoire à marquer sa domination sur la compétition à de multiples reprises. Crédit : Thehexhaven

C’est une crise qui prend des proportions sans précédent entre les joueurs. Durant la compétition, EG et OG finissent par s’affronter. OG remporte la victoire, les deux équipes doivent alors se serrer la main.

N0tail a envoyé à son ancien camarade un regard assassin envers Fly, depuis devenu un classique au sein de la communauté. Les joueurs ne se parlent plus, mais les tensions entre les deux équipes se sont apaisées.

Ce genre de petite chose est aussi visible in-game.

Il y a dans le jeu des fanions durant la compétition accessible en participant au cashprize. Au-delà d’un certain montant de don, il est possible de débloquer en jeu le logo d’une équipe comme avatar.

Lors de la rencontre contre EG, tous les joueurs d’OG avaient mis en avatar et sur leur fanion le fameux regard assassin de N0tail et ils n’arrêtaient pas de l’envoyer à leur adversaire.

De la même manière, il existe des tags au sol qui reprennent une citation de héros. OG avait abusé du tag “Loser” pour mettre la pression sur leur adversaire.

L’équipe est très connue pour ses taunts en jeu, que ce soit les ballons comestiques a envoyé sur ses adversaires ou encore le spam d’audio de la chatweel.

Ils jouent beaucoup sur le taunt et sur la surprise et Valve ne sanctionne pas ses pratiques là alors que Riot va avoir tendance à encadrer le tout avec des émotes politiquement correctes.

Une fois The International terminé, il faut réussir à tenir la longueur, car l’année est longue avant l’édition suivante.

Pour la FroggedTV, cela représente beaucoup de travail afin de garder la communauté active et réussir à amener de nouveaux joueurs sur le jeu.

Exactement, on essaye de faire beaucoup pour éviter la retombée du soufflet.

Dota 2 n’est pas un jeu facile à apprendre et loin d’être facile d’accès. En revanche, il s’agit d’un excellent jeu de groupe, excellent en solo queue aussi.

On essaye de monter différentes initiatives plus locales pour permettre à tout le monde de profiter du jeu.

Au-delà de la vitrine The International, il est important de faire savoir a tous qu’il y a un jeu derrière que tout le monde peut jouer.

On est content de nos actions comme la FroggedTV League comprenant une soixantaine d’équipe durant nos trois éditions.

Cette année, on passe au palier supérieur avec l’ESL qui devient un de nos partenaires réguliers désormais pour une compétition : les ECN.

Le but est de revenir à ce que l’on pouvait trouver sur DotA, des équipes françaises performantes, une structuration d’un milieu compétitif national.

Nous savons que tout ne se fera pas d’un claquement de doigts, mais pour cette première édition, 8 équipes vont s’affronter sur Dota 2 avec du cashprize et un suivi sur la FroggedTV.

On continue évidemment la FroggedTV League. Il y a déjà 85 équipes inscrites soit plus de 500 joueurs !

On travaille beaucoup sur les réalisations des autres, que ce soit les casts des minors, majors ou de The International, mais on est toujours très entrain à faire aussi ce que l’on aime lors de nos événements.

Très heureux de voir que le développement de la communauté de Dota 2 vous permet d’aller encore un peu plus loin.

Merci beaucoup Namax pour l’interview, au plaisir de te revoir au cast desk.

separateur rose esport insights

Désormais, je vois plus clairement tout ce qui anime la communauté de Dota 2.

Je trouve particulièrement motivant de voir que dans un jeu aussi important que celui-ci, il est encore possible de voir sans de nombreuses formes la communauté prendre possession de son jeu.

Depuis le début des années 2010, suite à la crise économique de 2008, l’esport à profondément changer.

La pratique compétitive a très rapidement été reprise en main par des éditeurs qui voient dans les esportifs un objet de marketing plus que des pratiquants.

Les organisateurs d’événements se sont retrouvés confrontés aux décisions des éditeurs comme Riot Games qui décident unilatéralement de la présence ou non d’une compétition, mais aussi du développement du jeu.

La nature encore volatile de Dota 2 est paraît presque idyllique bien qu’elle ai ses différents travers, car il paraît impossible aujourd’hui de voir de nouveaux titres naître sans connaître le dictat de ses créateurs.

En France, voir des acteurs comme la FroggedTV être les premiers représentants du jeu pour la communauté est une source d’inspiration majeure pour quiconque voudrait faire de sa passion du jeu une énergie motrice.

La réalisation du MLD à Disneyland Paris donne le ton sur ce que la FroggedTV est parvenue à accomplir durant ces nombreuses années et laisse présager à la structure d’autres bons moments avec une communauté plus soudée que jamais.

Bien que son format compétitif était incertain jusqu’ici, Valve prend progressivement les choses en main et accorde plus de crédit au retour des joueurs et des fans qui ensemble parviennent à rendre le tout possible.

Si l’interview vous a plu et que vous désirez en savoir plus sur Dota 2, suivez l’actualité de Namax et de la FroggedTV sur Twitter ou sur leur chaîne Twitch.

J’attends vos commentaires sur l’article pour en savoir plus sur Dota 2 ou encore sur votre expérience avec le jeu. Pour en savoir plus sur notre actualité, le compte Twitter d’Esport Insights n’attend que vous ! 

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1 Commentaire

Alban 10 octobre 2019 - 22 h 31 min

Chouette interview, mais il faudrait faire attention à la relecture, énormément de fautes et de coquilles qui gâche un peu l’article 🙁

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